« C’est l’histoire de la femme, du mari et de l’amant. Et, c’est le mari qu’on suspecte », expliquait il y a dix ans à ses étudiants, Jacques Viguier, pour résumer l’affaire, son affaire, celle qui fait la une des manchettes en France depuis la disparition de Suzy Viguier, sa femme, le 27 février 2000 .

Vice-doyen de la faculté de droit de Toulouse I, Jacques Vigier est un notable dans une ville de notables.

Brillant professeur de droit pénal et criminel, l’homme est également connu pour être un invétéré coureur de jupons parmi les étudiantes de sa faculté.

D’ailleurs, le couple va mal. Sa femme a elle aussi un amant, Olivier Durandet, qui fait presque ménage à trois avec les époux Viguier.

Ajoutez à cela que le professeur de droit est amateur de romans policiers et spécialiste des films d’Hitchcock, tous les ingrédients sont réunis pour qu’il devienne le coupable idéal suspecté d’avoir assassiné sa femme Suzy, disparue en février 2000.

Et l’enquête va être longue. D’autant plus que le brillant orateur devient un piètre défenseur de sa cause.

L’homme est froid et rationnel à l’extrême, ce qui le rend antipathique aux yeux de beaucoup, notamment des policiers, contrairement à l’amant débonnaire et courtois.

Il y a des faits aussi, que Jacques Viguier peine à expliquer.

Pourquoi a-t-il mis trois jours à prévenir la police de la disparition de sa femme, pourquoi dans ce délai s’est-il débarrassé du matelas sur lequel celle-ci dormait et surtout pourquoi des traces de sang de la victime ont-elles été retrouvées au domicile conjugal, mélangées à l’ADN du vice-doyen ? Sa thèse du matelas usagé et d’un acte sexuel pendant les règles ne suffisent pas à convaincre les policiers de sa non-culpabilité.

Le professeur sera donc jugé pour le meurtre de sa femme, avant d’être acquitté, en première et deuxième instance par la Cour d’assises.

Un soulagement pour le professeur de droit et un franc succès pour Me Éric Dupond-Moretti son avocat, qui, selon le quotidien, Le Monde, a la réputation d’être un « dynamiteur ».

Son fait d’arme dans la procédure, avoir fait plier la baby-sitter du couple et fait tomber l’amant pour subornation de témoin. Il avait face à lui un homme qu’il n’aime pas spécialement, un amateur d’honneurs et proche du pouvoir, Me Francis Szpiner , avocat des sœurs de la victime, mais un adversaire à sa taille.

Les deux hommes se sont livré à la barre un combat magistral. Pour une description toute aussi magistrale de la lutte menée par les deux avocats, cliquez-ici.