« Je n’ai jamais fait de cachette de mon homosexualité, pas plus qu’un argument marketing », dit Me Mathieu Bouchard.

L’avocat de 33 ans, ancien président de l’association des étudiants en droit gais de McGill, Légale Outlaw, pratique en litiges civils et commerciaux chez Irving Mitchell Kalichman (IMK), dont il est devenu associé en début d’année.

Auparavant, de 2002 à 2006, il a commencé comme étudiant, stagiaire puis avocat chez Davies.

Quand ces deux firmes l’ont embauché, elles ne connaissaient pas l’orientation sexuelle du jeune avocat. Mais, quand elles l’ont su, cela n’a rien changé.

« Quand je suis rentré chez Davies, les gens ne savaient pas que j’étais homosexuel, mais ils l’ont vite appris, dit-il. J’essaye de le faire passer de la façon la plus normale possible, si les autres parlent de leur conjoint, je parle aussi du mien sauf que dans mon cas, c’est un garçon! »

Même topo dans son nouveau bureau.

Marié civilement à son conjoint en août 2007, il a invité l’ensemble des membres de son cabinet à l'événement. Tout simplement et comme il l’aurait fait s’il avait épousé une femme.

Il admet, quand même, que l’annonce est souvent plus aisée avec les femmes qu’avec les hommes, sans pour autant qu’il ait subi de discriminations de la part de la gente masculine.

La liberté de parole que Me Bouchard peut afficher avec ses confrères est en revanche plus limitée avec ses clients.

« Avec les clients c’est plus touchy, en particulier avec les hommes, surtout les plus âgés car l’homosexualité peut les mettre mal à l’aise, dit-il. Comme on ne connait jamais à l’avance le degré de tolérance des gens et que je veux éviter de placer mes clients dans une situation d’inconfort, je ne leur révèle pas en général mon homosexualité. »

Pour autant, même dans certains milieux d’affaires réputés comme très conservateurs, Me Bouchard ne se souvient pas de réflexions homophobes à son encontre.

« J’ai plus souvent entendu des réflexions sexistes, dévalorisantes pour les femmes, qu’homophobes, dit-il. Ce qui me fait souvent dire que les gais et les femmes doivent mener le même combat. »