Mercredi, la porte-parole en justice, la députée Véronique Hivon, avait déjà réclamé que toute la lumière soit faite sur une possible ingérence politique de M. Roy, alors qu'il était au cabinet du premier ministre Jean Charest, en 2003.

Sa demande découle des déclarations faites mardi par l'ex-ministre de la Justice, Marc Bellemare, devant la commission Bastarache, relativement à une intervention faite par M. Roy, qui souhaitait s'assurer du bon déroulement d'un mégaprocès des Hells Angels.

Selon M. Bellemare, M. Roy l'avait contacté alors pour qu'il intervienne "dans un procès de nature criminelle".

Mais M. Roy a dit cette semaine qu'il n'avait à l'époque exercé aucune pression sur M. Bellemare, ni dit quoi que ce soit qui ait pu être interprété comme une forme d'ingérence politique.

M. Roy a dit avoir seulement voulu encourager le ministre Bellemare à laisser le procureur en chef, Me André Vincent, poursuivre son travail, sans crainte d'être désavoué.

Quant à lui, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a dit jeudi qu'il n'y aurait ni enquête sur cette histoire, ni suspension de M. Roy.

Il a dit se fier au syndic du Barreau qui a annoncé qu'il vérifierait les allégations de M. Bellemare.

Mais la députée Hivon estime que ce n'est pas suffisant et qu'il revient au gouvernement de faire enquête et, dans l'intervalle, de suspendre M. Roy de ses fonctions.

"Je pense qu'il faut la suspension, d'autant plus que M. Fournier ne rassure aucunement les Québécois. Il n'a demandé aucune explication", a déploré la députée Hivon, en point de presse.