L'avocat Alain Arsenault. Source: Site web d’Arsenault Wee Dufresne
L'avocat Alain Arsenault. Source: Site web d’Arsenault Wee Dufresne
Après une carrière consacrée à la défense des victimes, l'avocat Alain Arsenault s'est récemment fait reprocher par le juge Thomas M. David des honoraires « excessifs » dans le règlement d'une action collective contre les Clercs de Saint-Viateur.

L'entente aurait accordé au cabinet d'avocats montréalais Arsenault, Dufresne et Wee, qui représentait les plaignants, plus de 8 millions de dollars en honoraires, sur un règlement de 28 millions.

L'abbé René Tessier a d'ailleurs profité de cette situation pour dénoncer les attentes irréalistes de juristes envers l'institution qu'est L'Église catholique.

« Il faut arrêter de penser que l’Église est riche à craquer parce que c’est complètement faux et il faut arrêter de penser à des montants astronomiques », a déclaré au Journal de Québec l'agent de communication du diocèse de Québec.

Des propos qui ont contribué à faire réagir Me Arsenault, qui a livré ses pensées dans un entretien à Droit-Inc.

Trop gourmand ? Pas vraiment

Me Alain Arsenault, qui représente les demandeurs dans plusieurs actions collectives contre le Clergé, croit que les avocats ne sont pas trop gourmands.

« Nous sommes en effet très gourmands pour les personnes ayant vécu des agressions sexuelles par des prêtres. Nous voulons aller chercher le maximum d’argent possible pour les victimes », indique-t-il.

Selon l’avocat, le montant réclamé à l’Église n’est pas exagéré.

« J’ai déjà vu dans des recours collectifs semblables, des indemnisations allant jusqu’à 250 000 dollars. Pourquoi est-ce que le diocèse de Québec ou de Montréal aurait un passe-droit là-dessus? Arrêtons de penser qu’ils ont une position privilégiée et qu’ils devraient moins payer que les autres. »

L’abbé René Tessier a décliné notre demande d’entrevue. Il a toutefois indiqué par courriel que « les plaignants ont beau obtenir plusieurs millions, il ne leur reste presque rien pour eux une fois que les avocats se sont servis très plantureusement ».

Un commentaire qui n’a pas plu à Me Arsenault. « Je suis particulièrement fâché de cette réponse, car c’est une insulte à l’ensemble des avocats et à nous particulièrement. J’ai consacré ma vie à représenter les victimes d’abus d’autorité et je n’ai pas fait d’argent avec ça ».

L’abbé Tessier faisait ici référence à la décision évoquée ci-haut dans le recours contre Les Clercs de Saint-Viateur et qui a depuis été porté en appel.

« Tout d’abord, il faut rappeler que le jugement a été porté en appel. Ensuite, lorsqu’on compare avec d’autres congrégations religieuses, le tribunal a déjà accordé 30 % et nous on réclamait 25 % pour à peu près le même nombre d’heures de travail. Si ce que fait l’abbé est de la tactique de négociation, moi je peux vous dire que ça ne m’impressionne pas », ajoute Me Arsenault.

Les avocats Justin Wee et Virginie Dufresne-Lemire. Source: Site web d’Arsenault Wee Dufresne
Les avocats Justin Wee et Virginie Dufresne-Lemire. Source: Site web d’Arsenault Wee Dufresne
Me Arsenault conclut en disant: « Entendre ce genre de personnage, du haut de sa sagesse, dire des imbécilités et des insultes, je ne suis pas sûr qu’on va en rester là ».

Rappelons que la Cour supérieure a autorisé en mai dernier une demande d’action collective contre le diocèse de Québec. Celle-ci vise l’ensemble des personnes ayant été agressées sexuellement par un membre du clergé diocésain depuis 1940.

Les demandeurs réclament environ 600 000 dollars par victime. Jusqu’à maintenant, 110 plaignants se sont manifestés. L'équipe d'Alain Arsenault, composée de Justin Wee et de Virginie Dufresne-Lemire, est derrière ce dossier avec celle de Bellemare Avocats.

Arsenault Wee Dufresne est impliqué dans 18 actions collectives contre des congrégations religieuses ou des diocèses.