Tel est le compromis auquel sont arrivés, hors Cour, Écosociété, représenté par Me Yan Paquette de chez LKD, et les auteurs de « Noir Canada », Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher, avec Barrick Gold, a-t-on appris mardi.

Me Paquette de LKD, représentait Écosociété
Me Paquette de LKD, représentait Écosociété
Une partie du livre, suggérant l’implication de Barrick en Tanzanie en 1996, était mise en cause par la compagnie. « Les auteurs reconnaissent qu'ils n'ont pas de preuve d'implication de Barrick en Tanzanie en 1996 et que Barrick et d'autres parties contestent les allégations entourant les événements à la concession de Bulyanhulu en 1996 », a souligné la minière dans un communiqué.

Barrick, représenté par William Brock chez Davies, ne conteste toutefois pas toutes les analyses présentées dans « Noir Canada ». Elle admet, par exemple, que l’existence de ressources minérales au Congo, comme l’or, a été l’une des causes principales des conflits qui ont éclaté dans ce pays.

Bill Brock a représenté les intérêts de Barrick Gold
Bill Brock a représenté les intérêts de Barrick Gold
Barrick reconnaît aussi que « la présence de compagnies minières transnationales dans une région en guerre, telle les Grands Lacs africains, peut avoir des conséquences imprévues et sérieuses ».

Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher ont admis, de leur côté, que Barrick leur a présenté des documents indiquant qu’elle n’avait pas été impliquée dans les conflits au Congo. Ils reconnaissent aussi qu'ils n'ont « aucune preuve à l'effet contraire ».

Écosociété, les trois auteurs et Barrick Gold ont en quelque sorte conclu la paix des braves. « Barrick, les auteurs et Écosociété conviennent que l'action instituée par Barrick et l'écriture et la publication du livre “Noir Canada” par les auteurs et Écosociété ont été entreprises de bonne foi et avec la conviction qu'elles étaient légitimes », ajoute le communiqué.

Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher maintiennent toutefois leur position : ils ont écrit leur livre pour susciter un débat public sur les intérêts canadiens en Afrique et réclamer une commission d’enquête sur ces activités.


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