Avocat, homme d'affaires, mari, père, professeur de droit, guitariste, Me Marc Gold est un touche-à-tout
Avocat, homme d'affaires, mari, père, professeur de droit, guitariste, Me Marc Gold est un touche-à-tout
Me Marc Gold est un touche-à-tout.

Avant de se lancer dans des études de droit - en Colombie-Britannique puis à Harvard- et dans les affaires, il jouait de la guitare. Une passion pour la musique qui ne l’a jamais quitté.

« En classique, je suis un peu conservateur : Mozart, Bach, Beethoven. Je suis aussi un grand amateur de jazz et de blues rock : mes influences vont de Miles Davis à B.B King. Parmi les groupes contemporains, j’aime beaucoup The Decemberists et Kings of Leon. »

Il y a un mois, il se lance dans un nouveau défi et écrit aux avocats, arbitres et collègues dans le monde des affaires.

« Je leur ai annoncé que je me lançais dans ce nouveau chapitre : établir une pratique en médiation et en arbitrage commercial. Tout le monde m’a encouragé à le faire, et a confiance que je peux bien faire ce genre de travail », indique-t-il.

Une « quatrième carrière », plaisante celui qui a complété une formation en médiation dans le programme de négociation de la Harvard Law School.

« L’idée de commencer une pratique, ici à Montréal, dans la médiation commerciale, m’apparaît comme quelque chose d’excitant et d’important pour moi. Je ne prends rien comme acquis mais je mets beaucoup d’énergie là-dedans, c’est fun. »

Actuellement, professeur auxiliaire à la Faculté de droit de l’Université McGill, il a également été professeur agrégé de droit à Osgoode Hall Law School de 1979 à 1991, où il a servi comme vice-doyen.

Depuis 1991, il est co-propriétaire des Placements Maxwell Cummings & Sons, une société privée d’investissement immobilier et de portefeuille à Montréal, dans laquelle il travaille avec son beau-frère.

Fabrication, produits de consommation, immobilier, hôtellerie, technologie informatique, biotechnologie, capital de risque : sa carrière lui a permis de goûter à tous ces domaines.

Marqué par « Les Identités meurtrières », un essai écrit par Amin Maalouf, écrivain franco-libanais, Me Gold pense que tout le monde a des identités multiples.

« C’est un livre qui m’a impressionné, dit-il. Pour moi, toutes mes fonctions font partie d’une vie complète, je suis tout à la fois. Je suis moi-même. Tout ce que je fais, j’aime le faire. Heureusement je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil », plaisante-t-il.

Mon père, mon modèle

« Les clients et les avocats devraient mettre une clause de médiation dans leur contrat commercial. Essayez-le avant de procéder tout de suite à un litige ou à l’arbitrage ! On sauve du temps, de l’argent, on protège ses intérêts, et il n’y a rien à perdre », conseille celui qui a toujours été intéressé par la médiation.

« Ce que j’ai appris, et bien que j’aime les avocats, c’est que la meilleure façon de résoudre un conflit, souvent, dans la vie comme dans le monde des affaires, c’est de s’asseoir ensemble, mettre de côté les revendications et le passé, pour mettre l’accent sur les intérêts qui ont de la valeur, et ce afin d’aller de l’avant. »

Me Gold pense que tout le monde a des identités multiples
Me Gold pense que tout le monde a des identités multiples
Lorsque son père a été nommé juge, il avait une dizaine d’années.

« J’ai beaucoup appris de lui. J’ai toujours été influencé par son travail », dit le fils d’Alan B Gold, l’ancien juge en chef de la Cour Supérieure du Québec.

Selon Me Gold, la médiation est un outil important pour servir les intérêts non seulement des hommes et des femmes dans le monde des affaires, mais aussi dans le public.

« J’ai toujours apprécié le fait que l’on peut déployer nos talents pour faire en sorte que les parties puissent trouver des solutions amicales pour éviter le conflit, le temps et le coût du litige. Ce n’est pas neuf, mais ici au Québec, ce n’est si développé que cela dans le monde des affaires. »

Les avantages de l’arbitrage selon lui ?

« D’abord, c’est le temps. En litige, même avant d’avoir une date pour l’audition, cela prend du temps, parfois des années. En arbitrage, on peut régler l’affaire beaucoup plus vite et sans appel. »

Ensuite, ajoute-t-il, c’est une question de coût et de confidentialité.

« Il y a des choses qui t’appartiennent, des recettes ou des façons de faire. En litige, cela devient publique. »

Un problème dans un monde de concurrence.

« Il y a beaucoup de juges qui ont de l’expérience en affaires, mais pas tous. Et on ne peut pas choisir son juge. Si l’on arrive dans une cause compliquée sur une question de construction par exemple, devant un juge qui a fait que du droit criminel dans sa pratique, cela prend du temps d’éduquer le juge. »

Avec l’arbitrage, on peut choisir quelqu’un qui a l’expertise.

« Et, avec la médiation, ajoute-t-il, l’avantage c’est que l’on économise énormément d’argent. Un grand pourcentage des affaires se règlent en une ou deux journées. Par rapport au coût du litige, ce n’est pas négligeable. »

Ce qui rendrait Me Gold heureux, serait de marcher sur les traces de son père, un modèle pour lui.

« Il me manque toujours. Il était sage, brillant, humain. Il aimait les gens. Il était capable de les encourager, de les mettre à l’aise pour qu’ils puissent trouver des solutions. Il savait prendre des décisions quand il faut. »

Pour lui, son père est une source d’inspiration. A tous les niveaux.

« Aujourd’hui, alors que je me lance dans ce chapitre de la médiation, je pense souvent à lui. Il avait un talent énorme, il connaissait ses compétences mais sans jamais qu’il soit question d’égo. Il se mettait au service des autres. »

Un homme à l’écoute

Me Gold donne également de son temps à autrui : il est membre du Conseil de l’Université de Montréal où il préside le Comité de promotions, et est membre du Comité exécutif de l’Orchestre symphonique de Montréal.

« C’est important pour moi qui ai un côté universitaire il faut l’admettre. En revenant à Montréal, lorsque l’on m’a approché, j’étais ravi ! Une chose qui manquait beaucoup lorsque je n’étais pas ici, c’était mes liens avec la société francophone. »

Mais ce n’est pas tout… Il est président de la Fondation de la tolérance et président national des fédérations juives du Canada-UIA.

« On travaille avec les jeunes du Québec via des ateliers interactifs, et on aborde divers sujets : préjugés, discrimination, génocide. Un projet pilote a été mis en place sur l’intimidation, on arrive à rejoindre 25 000 étudiants chaque année, et c’est quelque chose qui me tient à cœur »

Me Gold est très fier d’être Québécois et Canadien, admire beaucoup ce que le Québec a bâti, mais selon lui, cela demeure fragile.

« Surtout dans un monde et une société de plus en plus diversifiée, plurielle- j’espère pluraliste !- où les enjeux de vivre-ensemble sont de plus en plus complexes. La vie est dure. »

Notamment pour les jeunes qui sont en train de se réaliser, de se connaître, confie-t-il.

« Le stress est un produit de l’exclusion, soit parce que quelqu’un est différent, parce qu’il ou elle est grosse, habillé(e) en Walmart ou gay, ou d’une autre religion, peu importe, on voit sur le terrain que c’est difficile pour eux, et on essaie de leur donner les outils pour être de bons citoyens »

« Un homme à l’écoute », c’est comme cela qu’il se définit. Chose qu’il juge importante notamment pour servir les parties dans sa pratique en tant qu’arbitre et médiateur.

« Il ne faut pas présumer que l’on a les réponses. Au contraire. Pour bien comprendre ce qui est important, ainsi que les enjeux commerciaux ou quels qu’ils soient, il faut savoir écouter. J’ai l’expérience et le tempérament pour cela. »

Après une vingtaine d’années en affaires, dit-il, il a appris aussi bien de ses erreurs que de ses succès.

« Moi je suis montréalais, d’origine juive, d’un père qui se décrivait comme un « franco-canadien juif », donc pour moi il est important de faire le pont entre les différentes communautés. C’est pour cela que j’aime aussi enseigner, j’apprends beaucoup des jeunes. »

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