Question

Bonjour M. Arcand,
Je suis sur le point d’obtenir une augmentation de salaire et j’essaie d’avoir au moins une semaine de vacances de plus que ce que j’ai présentement. J’aimerais savoir quelle est la norme ? Merci de votre aide.

Réponse

Cher lecteur,

Quelle est la norme pour les vacances ? Les normes du travail disent 2 semaines par année pour les années 1 à 5 et ensuite 3 semaines mais je comprends que ce n’est pas votre question. Il s’agit du minimum acceptable par la loi mais malheureusement beaucoup de travailleurs doivent s’en contenter.

Me Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Me Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pour les professionnels, on peut normalement aspirer à mieux même si, comme pour la rémunération, les avocats en entreprise sont tributaires de l’industrie dans laquelle ils évoluent. La nature même de certaines activités fait en sorte que les travailleurs bénéficient de plus de vacances que la normale.

Dans d’autres secteurs, ils ne vont pas nécessairement avoir moins de semaines que les autres mais vont devoir les prendre à des périodes précises. Dans le secteur manufacturier par exemple, surtout pour des petites entreprises, il n’est pas rare que l’usine ferme de deux semaines à un mois durant l’été et que tous les travailleurs doivent prendre leurs vacances à ce moment. Dans la majorité des cas, les conditions offertes aux juristes vont être influencées par celles des autres travailleurs.

En entreprise

Pour en revenir au nombre de semaines en tant que tel, je vous dirais que 3 ou 4 semaines est ce que je vois le plus souvent comme conditions de travail en entreprise pour des avocats de moins de 10 années de pratique. Par la suite, aspirer à 5 ou même 6 semaines peut devenir réaliste mais sous réserve du secteur de pratique et des autres modalités de la rémunération telles que les journées de maladie, les congés familiaux, le fond de pension etc. Souvent pour des postes séniors, les vacances se négocient au cas par cas et dépendent du « package » globale. Des gens à 200 000$ et six semaines de vacances réelles, versus les vacances sur papier qui ne peuvent jamais être prises ni monnayées, ne courent pas les rues.

En cabinet

Pour les avocats en pratique privé, c’est un peu le même principe avec un bémol, du moins pour les bureaux d’une certaine dimension. Ces juristes ont un objectif d’heures facturables et l’atteinte dudit objectif influencera le nombre de semaines de vacances auxquelles ils auront droit. Dans la mesure où ils atteignent leur objectif, l’employeur sera plus enclin à les laisser partir en vacances sans compter combien ils en ont pris dans l’année en cour. Évidemment cela dépendra aussi du volume de travail sur leur bureau… pour les juniors, quelques fois les objectifs sont atteints depuis longtemps mais la charge de travail est telle qu’il est utopique de penser prendre des vacances.

Il faut noter également qu’en cabinet privé, on ne compte pas vraiment de la même façon. On comptabilise rarement les demi-journées ou encore les journées entre Noël et le Jour de l’An. Ces libéralités ne grugeront pas vos vacances contrairement à ce qui se fait en entreprise. Il faut être conscient de cette réalité.

J’ajouterais en terminant que plus l’entreprise ou le cabinet est petit, moins il y a de règles établies et donc plus il y a de place à la négociation. J’ignore les paramètres de votre emploi mais je vous dirais que si votre employeur n’a pas les mains liées par une politique interne, il est habituellement plus facile de le faire plier sur les vacances que sur le salaire. Ceci étant dit, une négociation ça se prépare alors je vous invite à étoffer votre dossier en sachant ce qui se fait ailleurs mais aussi en tenant compte de ce qui se fait chez-vous.

J’espère que ma réponse vous aidera dans vos discussions à venir et je vous souhaite une bonne semaine.

La Question au recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Me Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.