Tremblay, Trépanier et Zampino à la barre?

Agence Qmi
2013-03-25 07:00:00

Chez Raymond Chabot Grant Thornton depuis 1986, il s'occupe de la comptabilité du parti de l'ancien maire de Montréal, Gérald Tremblay, depuis le début.
On le confrontera probablement aux propos du témoin Martin Dumont. Selon l'ancien organisateur du parti, Marc Deschamps aurait présenté à Gérald Tremblay un document avec un «budget officiel» et un «budget officieux» d'Union Montréal. M. Dumont avait rapporté que le maire avait alors dit: «Moi, je n'ai pas à savoir ça», avant de se lever et de quitter la pièce. Le maire Tremblay avait démissionné peu de temps après ce témoignage.
Marc Deschamps, qui avait démenti les allégations de Martin Dumont, avait fait savoir qu'il voulait témoigner devant la commission Charbonneau afin de «rétablir les faits».
Au tour de Monsieur 3 %
Bernard Trépanier, surnommé «Monsieur 3 %», est attendu dans la foulée, vraisemblablement dès mardi matin. Il devrait être confronté aux nombreuses allégations de la plupart des acteurs du milieu de la construction convoqués par la juge France Charbonneau.
Le nom de l'ancien argentier d'Union Montréal a été cité très régulièrement depuis le début des audiences publiques de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction comme étant au cœur du système de collusion mis en place à Montréal. Il percevait selon de nombreux témoignages un pourcentage de chaque contrat octroyé aux entrepreneurs par la Ville.
Zampino et Tremblay
La Commission pourrait en finir avec la métropole en convoquant respectivement l'ancien président du comité exécutif de la Ville, Frank Zampino, et l'ancien maire de Montréal, Gérald Tremblay.
M. Zampino pourrait être entendu juste après Bernard Trépanier. Il avait été présenté la semaine dernière par l'un des patrons de la firme de génie-conseil Dessau, Rosaire Sauriol, comme «l'homme le plus puissant de Montréal».
Ce dernier avait affirmé que c'est lui qui faisait la pluie et le beau temps et qui avait le premier et le dernier mot concernant les contrats de construction offerts par la Ville. Il avait également reconnu que son entreprise avait participé activement au financement illégal des partis municipaux et provinciaux. M. Zampino avait quitté ses fonctions en 2008.
L'ex-maire Tremblay avait lui démissionné en novembre dernier, fragilisé par la crise au sein de son administration. Il a souvent dit durant ses mandats qu'il n'était au courant de rien, mais avait déclaré lors de son départ qu'il s'était battu contre la collusion et la corruption. Il avait d'ailleurs prévenu la commission qu'il se tenait à sa disposition pour répondre à ses questions. Il devrait donc bientôt pouvoir donner sa version des faits.
«La commission Charbonneau a fait la démonstration de la gangrène qui ronge la Ville de Montréal, celle de la corruption et de la collusion, a déclaré dimanche la chef de Vision Montréal, Louise Harel. (...) Gérald Tremblay aurait dû savoir. Les élections de 2005 et de 2009 ont été volées par son administration.»
«Pour moi, M. Tremblay est déjà l'homme d'une autre époque, d'une époque peu glorieuse pour Montréal, a commenté de son côté le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron (...) Ça devient intéressant pour la petite histoire, mais Gérald Tremblay, c'est derrière nous. Union Montréal c'est derrière nous. Moi, je regarde vers l'avant.»
Il est probable que MM. Zampino et Tremblay ne puissent pas être entendus cette semaine faute de temps, ni la semaine suivante d'ailleurs, puisque la commission fera une pause à l'occasion des congés de Pâques.
Il n'est pas non plus à exclure que les avocats de Bernard Trépanier et Frank Zampino exigent de la commission une interdiction de publication, puisqu'ils sont tous les deux accusés dans le cadre du procès sur le projet du Faubourg Contrecoeur qui doit débuter le 29 avril