Élio Pagliarulo a soutenu lundi que Frank Zampino était
Élio Pagliarulo a soutenu lundi que Frank Zampino était "corrompu"
Plus précisément, M. Pagliarulo a soutenu que Paolo Catania lui avait dit qu'il avait versé 300 000 $ en trois versements égaux à l'ancien président du comité exécutif. De plus, M. Catania aurait refait la cuisine de la maison des Zampino pour 250 000 $.

Il n'a toutefois pas vu lui-même de l'échange d'argent entre les deux hommes. Comme il avait été associé à Catania et était devenu son ami, celui-ci lui faisait des confidences sur ses revenus, sur sa part des contrats publics de la ville de Montréal, sur les sommes d'argent qu'il versait à des "inspecteurs" de la ville.

Il a toutefois vu lui-même M. Zampino, notamment lors d'une fête, en présence de M. Catania.

M. Pagliarulo a aussi confirmé à la commission le versement de redevances de 5,0 pour cent sur la valeur des contrats de construction à un intermédiaire, Niccolo Milioto.

Celui-ci a déjà été décrit comme un intermédiaire entre les entrepreneurs en construction et la mafia montréalaise.

M. Pagliarulo ignore le pourcentage versé par les autres entreprises de construction. L'ex-dirigeant d'Infrabec, Lino Zambito, avait affirmé devant la commission qu'il devait verser 2,5 pour cent au crime organisé.

Après avoir été ami et partenaire d'affaires de Paolo Catania, M. Pagliarulo a vu sa relation s'envenimer avec le puissant entrepreneur. Au bout de quelques années, leur entreprise conjointe a perdu de l'argent et Paolo Catania a voulu être remboursé, bien que tous les partenaires aient perdu de l'argent. M. Pagliarulo, qui était également propriétaire de la chaîne de pâtisseries Pagel, avait lui-même fait faillite et ne pouvait plus payer.

C'est alors que les menaces ont commencé, des menaces qui se sont concrétisées: M. Pagliarulo soutient qu'il a été kidnappé et battu pendant trois heures. L'homme d'affaires a porté plainte à la police, et il a reçu des offres d'argent pour laisser tomber sa plainte. Les accusations ont finalement été abandonnées, puisqu'il s'agissait de confronter sa parole à celle de M. Catania, a-t-il témoigné lundi.

À certains moments, c'est M. Pagliarulo lui-même qui apportait de l'argent

à M. Catania, qui lui confiait alors que la somme était destinée à "des inspecteurs" de la ville de Montréal, par exemple, ou à M. Zampino, du comité exécutif.

M. Pagliarulo prenait l'argent dans son propre compte bancaire. La somme était déduite de leur entreprise conjointe de prêts usuraires, a-t-il soutenu.

Il a aussi montré du doigt l'ingénieur Luc Leclerc, qui surveillait les chantiers de construction de la Ville et qui, selon M. Pagliarulo, recevait de l'argent de la part de Catania.

Il a également cité Gilles Vézina pour d'autres raisons, affirmant que ce supérieur de M. Leclerc a également participé à des "réunions" et qu'il était traité avec "beaucoup de respect" par les Catania. Il l'a décrit comme "un homme de champagne" comparativement à M. Leclerc, qui était "un homme de bière". Il ne l'a toutefois pas vu recevoir d'argent.