Les plaidoiries finales s’amorcent au procès intenté par le cardinal Ouellet
Radio Canada
2026-03-10 12:00:49

Le cardinal québécois Marc Ouellet était de retour à la barre des témoins lundi, où il a nié avoir eu un comportement inapproprié envers des femmes, son avocate laissant entendre que la plaignante au centre de son procès en diffamation manquait de crédibilité.
Mgr Ouellet poursuit Paméla Groleau, représentée par Me Alain Arsenault, pour 100 000 $ après qu'elle l'a cité dans une action collective de 2022 rapportant des inconduites sexuelles de la part de membres du diocèse de Québec. Mme Groleau affirme que le religieux l'avait touchée sans son consentement à trois reprises entre 2008 et 2010, alors qu'elle était en formation ou qu'elle travaillait comme agente de pastorale pour l'Église catholique.
Mgr Ouellet n'a été accusé d'aucun crime en lien avec ces allégations. La semaine dernière, une autre femme, Marie-Louise Moreau, a raconté qu'en 1992, le cardinal s'était approché derrière elle alors qu'elle préparait des objets pour une messe à Montréal, qu'il avait posé ses mains de chaque côté de son corps et qu'il aurait frotté son bassin contre ses fesses. Lors de son témoignage lundi, Mgr Ouellet a indiqué qu'il éprouvait de la compassion pour Mme Moreau, mais a assuré qu'il n'avait pas commis ces gestes envers elle ou d'autres personnes.
Le cardinal a témoigné pour la première fois au début de ce procès en diffamation le 2 mars, mais il a été rappelé à la barre lundi après le témoignage de Mme Groleau et d'autres femmes qui l'accusaient de comportement inapproprié. Cependant, son avocate, Dominique Ménard, de LCM Avocats, ne lui a pas demandé de commenter le témoignage de Mme Groleau. Plus tard dans la journée, Me Ménard a clos son plaidoyer en affirmant que le témoignage de Mme Groleau contenait de nombreuses incohérences et qu'il manquait de crédibilité.
Mme Groleau avait déclaré lors du contre-interrogatoire que, sur les trois fois où il l'aurait touchée sans son consentement, elle ne considérait qu'un seul de ces incidents comme une agression sexuelle, lorsqu'il aurait fait glisser sa main le long de son dos jusqu'au haut de ses fesses en 2010. Me Ménard a avancé que Mme Groleau était tenue de décrire les actes de M. Ouellet comme une agression sexuelle pour pouvoir participer à l'action collective de 2022.
L'avocate a souligné ce qu'elle considérait comme des incohérences dans le témoignage de Mme Groleau. Cette dernière a décrit un massage des épaules par Mgr Ouellet comme ayant duré de trois à cinq minutes, mais a ensuite mentionné qu'il avait pu durer moins longtemps. Me Ménard a également noté que Mme Groleau avait initialement déclaré que Mgr Ouellet lui avait tenu les mains pendant quelques minutes, avant de revoir ce laps de temps à quelques secondes seulement.

Me Ménard a également fait référence au témoignage de Mélissa Trépanier, une troisième femme qui a témoigné au sujet du comportement inapproprié présumé du cardinal. Mme Trépanier a déclaré qu'en 2014, Mgr Ouellet aurait glissé un billet de 50 $ dans son décolleté et qu'elle avait senti sa main à l'intérieur de son vêtement.
Mme Trépanier a qualifié cette rencontre d'abus de confiance et d'abus de pouvoir. Me Ménard a affirmé que le témoignage de Mme Trépanier était subjectif. Mmes Trépanier et Moreau, comme Mme Groleau, ont accepté que leurs noms soient publiés, renonçant à l'interdiction de publication qui s'applique habituellement dans les affaires impliquant des allégations d'agression sexuelle.
En 2013, Mgr Ouellet était présenté comme l'un des favoris pour remplacer l'ancien pape Benoît XVI, un rôle qui a finalement été attribué à l'ancien pape François. Le cardinal a dirigé le puissant dicastère pour les évêques, le bureau du Vatican qui supervise la sélection des nouveaux évêques, de 2010 jusqu'à sa retraite en 2023. Le procès devant la Cour supérieure, présidé par le juge Martin Castonguay, reprendra mardi avec les plaidoiries finales de l'avocat de Mme Groleau.
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