Les Rédemptoristes visés par une nouvelle action collective

Le cabinet DWA vient de déposer une demande d’autorisation pour exercer une action collective contre la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur.
La procédure vise à indemniser toutes les personnes ayant subi des agressions sexuelles de la part de membres de la congrégation à travers la province depuis 1940. Les Rédemptoristes ont eu une grande présence dans des paroisses québécoises comme celle de Desbiens au Lac-Saint-Jean, à Sherbrooke ainsi qu’au Sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré.
Ce recours, porté par le demandeur désigné sous les initiales A.B., exclut toutefois les victimes déjà visées par un précédent règlement lié au Séminaire Saint-Alphonse.
Le récit de A.B. expose des agressions répétées survenues entre 1992 et 1996, alors qu'il n'était qu'un enfant. L’agresseur allégué est le père Jules Dallaire, qui officiait alors comme curé à Desbiens, au Lac-Saint-Jean. Profitant de son statut d'autorité morale dans le village, le religieux aurait abusé de la confiance de la famille pour agresser le jeune garçon au presbytère, dans un chalet de la congrégation ainsi que lors de sorties de pêche.
D'autres témoignages accablants soutiennent la démarche, illustrant l'étendue géographique et temporelle des abus allégués. Une victime identifiée comme D.S. rapporte avoir été agressée dans les années 60 à Sherbrooke par le père Denis Benoît, un geste dénoncé à l'époque auprès de l'archevêque Mgr Georges Cabana.
Une autre membre, C.B., affirme avoir subi des attouchements de la part du père Laurent Tousignant dès l'âge de sept ans, derrière l'église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, toujours à Sherbrooke.
Cette nouvelle offensive juridique fait suite à une première condamnation des Rédemptoristes en 2014. À l'époque, au terme d'un long procès civil, la justice avait reconnu la responsabilité de la congrégation pour les abus commis au Séminaire Saint-Alphonse.
Les avocats Antoine Duranleau-Hendrickx et ses collègues du cabinet DWA soutiennent que de nombreuses autres victimes ont été laissées pour compte car leurs agressions se sont produites à l'extérieur de cet établissement spécifique.
La demande d’action collective allègue que les Rédemptoristes ont failli à leur devoir de surveillance et ont entretenu une culture du silence, malgré les obligations imposées par le droit canonique.
Le recours vise non seulement des dommages-intérêts compensatoires pour les séquelles psychologiques subies, mais réclame également des dommages punitifs en raison de l'atteinte illicite à l'intégrité des victimes.
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