Une avocate dit avoir été agressée physiquement par des policiers
Radio Canada
2026-01-29 13:15:07
Une avocate soutient avoir été violemment agressée par des agents de la police…

Une avocate affirme que des agents de la police régionale de Durham ont cogné sa tête sur un bureau sans provocation, ont retiré son foulard, puis l’ont tirée dans les cellules au sous-sol du palais de justice d’Oshawa la semaine dernière, la laissant ensanglantée et enflée.
Me Sudine Riley terminait un procès tard vendredi et terminait son travail dans une salle d’entrevue lorsque des agents en uniforme ont remis en question sa présence dans la salle, d’après une déclaration de son avocate, Neha Chugh.
Dans la déclaration, Me Chugh explique que les agents, qui s’occupaient de la sécurité, ont écrasé la tête de Mme Riley sur le bureau et ont positionné leurs genoux sur son dos et son cou et lui ont parlé avec rage, manque de respect et mépris.
Elle soutient que les agents ont par la suite tiré de force sa cliente menottée et l’ont emmenée dans les cellules au sous-sol de l’immeuble. Son foulard à la tête a été retiré, sa jupe a été montée lorsqu’elle a été maîtrisée par les agents, sa tête saignait et ses yeux enflaient puisque sa tête avait cogné sur le bureau, dit Me Chugh dans la déclaration.
Elle n’a commis aucune infraction, autre que celle d’être une femme noire pratiquante, tout en étant assidue dans sa quête de justice, poursuit-elle. La déclaration de Me Chugh ne précise pas combien d’agents étaient impliqués dans la présumée agression.

La police régionale de Durham a confirmé à CBC News qu’elle ouvrait une enquête sur les événements, qui se sont déroulés un peu après 17 h le 23 janvier. La sergente Janalyn Dowdle dit que le service policier collabore avec les services aux tribunaux afin d’obtenir et d’analyser toute la preuve. CBC News a demandé à la police si elle comptait transférer l’enquête à un autre corps policier, sachant que les allégations visent ses agents.
Les allégations sont prises très au sérieux, a répondu Mme Dowdle par courriel. La police a affecté les ressources de supervision et d’enquête requises pour pleinement comprendre les circonstances et déterminer quelles sont les actions à prendre. La sergente ajoute qu’elle n’a pas de renseignements supplémentaires pour l’instant, car l’enquête se poursuit.
Des avocats nerveux, dit un groupe
Même si les allégations n’ont pas subi l’épreuve des tribunaux, des avocats travaillant au tribunal d’Oshawa se disent préoccupés par les événements. L’organisme Women in Canadian Criminal Defence, qui milite pour les femmes dans le milieu du droit criminel, a écrit à la juge Lara Crawford, la juge administrative pour le tribunal, afin de réclamer des mesures de sécurité pour les avocats avant leur retour au palais de justice cette semaine.
La présidente de l’organisme, Cassandra DeMelo, qui est basée à London, estime que la situation est bizarre et qu’elle a pris la mesure extraordinaire d’écrire à la juge, car elle pensait que la situation était urgente.

C’est choquant. Cela nous rend tous nerveux, dit Me DeMelo en entrevue. La présidente fait savoir que sa demande de mesures de sécurité supplémentaires a été transférée à la Cour de justice de l’Ontario ainsi qu’à la Cour supérieure de l’Ontario. Elle mentionne que les tribunaux prennent la situation au sérieux, mais que les questions de l’organisme ont été laissées sans réponse jusqu’à maintenant.
La sécurité de tous les gens qui travaillent ou fréquentent tout tribunal en Ontario est d’une importance primordiale pour la cour, a déclaré le porte-parole de la Cour de justice de l’Ontario, Jason Gennaro. Brent Ross, porte-parole du ministère du Solliciteur général, n’a pas fourni de renseignements additionnels, citant l’enquête en cours.
Une enquête indépendante réclamée
Theresa Donkor, directrice des campagnes de l'Association canadienne des avocats noirs, se dit extrêmement préoccupée que rien ne laisse croire qu’une enquête indépendante aura lieu. Une telle enquête pourrait apaiser les craintes par rapport à l’iniquité du processus, dit-elle. L’Association des avocats criminalistes est elle aussi très inquiète par rapport aux allégations de Me Sudine Riley.
Les allégations soulèvent des préoccupations sérieuses concernant les droits de la personne. L’association demande au chef de la police de Durham de nommer un enquêteur indépendant, avec une expertise en droits de la personne et en racisme antinoir, afin de se pencher sur les gestes des agents. Tous les avocats doivent être en mesure de travailler en sécurité dans les palais de justice de l’Ontario, dit l’association.
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