Carrière et Formation

Ne laissez plus le syndrome de l’imposteur vous paralyser

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Katia Tobar

2022-07-15 15:00:00

Carrières
Vêtu de votre toge, vous vous sentez comme un imposteur ? Vous n’êtes pas seul. On vous propose trois remèdes pour apaiser ce mal-être.

L’honorable Mahmud Jamal Source: www.scc-csc.ca
L’honorable Mahmud Jamal Source: www.scc-csc.ca
« La recherche suggère que 70% des professionnels vont souffrir du syndrome de l’imposteur, en particulier les avocates et avocats, et même les juges. Pour certaines et certains d’entre nous, le syndrome de l’imposteur ne disparaît jamais », a prévenu le juge de la Cour Suprême du Canada, Mahmud Jamal, citant une statistique du ''Journal of Behavioral Science'', l((https://www.droit-inc.com/article39161-5-conseils-d-un-juge-de-la-Cour-supreme-a-un-jeune-avocat|ors de la conférence de clôture du Congrès annuel du Jeune Barreau de Montréal)), en mai dernier.

Le syndrome de l’imposteur a été identifié par les psychologues Pauline Rose Clance et Suzanne Imes à la fin des années 1970. Il se caractérise par l’impression que les réussites sont dues au hasard ou à la chance. Mahmud Jamal le définit comme « la condition dans laquelle les individus performants doutent de leur talent et accomplissements et craignent irrationnellement d’être exposés comme des imposteurs ».

Que vous ressentiez ce syndrome à un moment précis de votre carrière, ou toute votre vie, on vous suggère trois façons d’embrasser ce sentiment pour ne plus le subir.

1. Préparez-vous

Le remède de Mahmud Jamal face au syndrome de l’imposteur : la préparation !

« Comme avocat plaideur […] il faut connaître le dossier, les précédents jurisprudentiels sur le bout des doigts », a confié le juge de la Cour suprême. Il cite un de ses mentors, le juge Marshall Rothstein : « les dossiers juridiques ne sont pas gagnés dans la salle d’audience, mais à la bibliothèque. »

Pour Mahmud Jamal, il n’y a rien de plus persuasif qu’un avocat ou une avocate qui maîtrise son dossier. Anticiper les questions des juges, préparer des réponses persuasives, permet de ne pas perdre confiance en soi en plaidant.

« Il n’y a pas d’enfant prodige en droit ou dans l’art de la plaidoirie. Tout le monde peut développer les compétences nécessaires en prenant le temps d’y travailler. »

Il insiste : « si vous travaillez fort et que vous vous préparez bien, il n’y a rien d’impossible. Vous allez pouvoir travailler sans crainte. Travailler sans crainte ne signifie pas que vous ne devez pas avoir peur, mais plutôt que vous ne devez pas succomber à la peur ».

À méditer !

2. Évitez de vous comparer aux autres

Pour la coach en développement personnel et professionnel, Zarah Issany, la pire erreur à faire quand on souffre du syndrome de l’imposteur est de se comparer aux autres.

« Quand vous vous comparez, vous mettez un coup de hache à votre estime personnelle, a-t-elle expliqué lors d’une conférence organisée par l’organisme Business Professional Women. Dès que vous réalisez que vous vous comparez, respirez ».

Pour la coach, il est essentiel d’identifier nos forces et compétences et de ne pas attendre la reconnaissance des autres.

« Trouver ses forces, ce n’est pas se vanter, c’est se positionner », insiste-t-elle.

Définissez vos objectifs, restez authentique, et si vous observez chez d’autres des compétences qu’il vous manque, sautez sur l’occasion de créer une relation complémentaire.

3. Cohabitez avec le sentiment d’imposteur

Si vous réalisez que vous êtes pogné avec ce syndrome-là pour une bonne partie de votre vie, ne luttez pas. Embrassez-le !

C’est la stratégie confiée par l’avocate Sophie Rondeau, conseillère juridique en droit international humanitaire à la Croix Rouge canadienne.

Aux micros des avocates Me Emmanuelle Moussa et Me Andréanne Martel ((https://www.droit-inc.com/article29623-Deux-avocates-quebecoises-a-la-barre-d-un-podcast|pour le balado A Priori, juristes autrement)), elle affirme que le syndrome de l’imposteur « ne se surmonte pas. Il se nomme et tu apprends à cohabiter avec ».

« C’est un état de questionnements perpétuels. C’est ça qu’un chercheur fait. Il se questionne constamment. C’est un travail d’humilité », confie la détentrice d’un doctorat en droit de l’Université de Genève et de l’Université Laval.

Elle conseille également de ne pas prendre les critiques personnellement et de garder une distance entre ce que l’on fait et qui on est.

« Je ne suis peut-être personne, mais je vais devenir un membre d’une communauté que moi j’aimerais voir », conclut-elle.

Voilà de quoi vous inspirer avant votre prochaine plaidoirie !
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1 commentaire

  1. A nonyme
    A nonyme
    il y a 2 ans
    Si le chapeau vous fait...
    1: Penser souffrir du syndrome de l'imposteur, c'est déjà s'imaginer bon et supérieur aux autres. C'est suintant d'arrogance et c'est une preuve que vous êtes probablement véritablement un imposteur. Au fond de vous, vous le savez.

    2: Êtes-vous vraiment assez bon pour prétendre souffrir du syndrome de l'imposteur, ou est-ce que vous dites juste ça pour vous prétendre spécial et chercher de la sympathie grâce à une étiquette ?

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