Course aux stages 2023

Et pourquoi pas un stage au ministère de la Justice du Québec ?

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Camille Dufétel

2023-02-02 13:15:00

Beaucoup de gros cabinets participent à la Course aux stages, mais pas que. Le ministère de la Justice du Québec, entre autres, est aussi de la partie. Et pourquoi pas ?

Me Mathieu Trépanier. Source: LinkedIn
Me Mathieu Trépanier. Source: LinkedIn
Me Mathieu Trépanier est coordonnateur des activités de recrutement et de formation – affaires juridiques pour le ministère de la Justice du Québec. Il a pratiqué le droit pendant plus d’une quinzaine d’années et a lui-même déjà participé à la Course aux stages.

Ce Barreau 2002, entre autres tâches, coordonne les activités de promotion des carrières et de recrutement des stagiaires en droit au sein du ministère.

Alors que le ministère de la Justice du Québec prend part pour la deuxième fois à la Course, Droit-Inc a demandé à Me Trépanier à quoi y ressemblait un stage et comment se démarquer comme courseur.

Le ministère a participé à la Course pour la première fois en 2022. Était-ce une réussite ?

Oui, c’était la première fois l’an dernier et d’ailleurs c’était une commande du Ministre Simon Jolin-Barrette lui-même. Il avait vu que les gros cabinets étaient là et que nous étions absents.

Traditionnellement, nous recrutions nos étudiants à l’École du Barreau. Cette façon de faire avait donné de bons résultats, mais on s’est aperçu avec l’expérience de l’année dernière que faire partie du processus de la Course aux stages avec les grands cabinets nous a donné une visibilité très intéressante.

Ça a permis à des étudiants ayant un intérêt pour le secteur public de pouvoir déjà être recrutés en deuxième année alors que souvent, ils se faisaient recruter au privé et on les perdait.

L’expérience a été très positive, nous avons eu au-delà d’une centaine de candidatures et nous avons recruté 15 personnes, pour 2023 et 2024.

Plusieurs ont travaillé comme étudiants durant l’été ou dans l’année scolaire, et la rétroaction que j’ai reçue des gestionnaires par les équipes est très positive, nous avons recruté des étudiants brillants.

Nous allons continuer à recruter parfois des étudiants de l’École du Barreau, mais notre principal canal va vraiment être la Course aux stages.

Combien pourrez-vous recruter de stagiaires, cette fois ?

On attend une douzaine de personnes pour 2025 et il nous reste aussi potentiellement quelques places pour 2024.

Où se répartissent les différents postes ?

Il est important de savoir que le ministre de la Justice a trois grandes fonctions. Il plaide les dossiers devant les tribunaux pour le gouvernement du Québec, il rédige les projets de lois et les règlements et il fait du conseil juridique à l’ensemble des ministères.

Nous sommes 500 avocats et notaires et les jeunes qui arrivent chez nous, nécessairement, vont travailler dans l’une de ces fonctions, soit dans un ministère parce que nous avons des directions des affaires juridiques dans les ministères, soit directement au ministère de la Justice, soit dans nos contentieux, à Montréal et à Québec.

À quoi peuvent s’attendre les étudiants dans le cadre d’un stage chez vous ?

Un des éléments qui ressort dans le secteur public, c’est la question de l’autonomie. Les étudiants qui arrivent chez nous souvent vont avoir accès assez rapidement à des responsabilités intéressantes dans un dossier.

Je prends l’exemple des stagiaires qui arrivent au contentieux. Des dossiers les attendent. Évidemment, on ne les jette pas à l’eau sans les accompagner un peu au début, mais très rapidement, ils font leurs interrogatoires, ils vont aller plaider des dossiers dans les tribunaux administratifs pour commencer et c’est une façon pour eux de plonger dans le bain.

C’est aussi et surtout l’opportunité de gagner en confiance.

Par rapport à un stage dans un grand cabinet, quels sont les avantages à intégrer le ministère de la Justice ?

Il y a une ligne de conduite que j’ai adoptée, c’est de ne pas dire qu’une pratique est meilleure que l’autre. Ce sont deux univers différents.

Au-delà de l’autonomie, quand on rentre dans le secteur public, on a accès à un métier où on va pouvoir avoir un équilibre entre notre vie professionnelle et notre vie personnelle. Cela ne veut pas dire qu’on n’est pas occupé, loin de là.

Car d’un autre côté, au sein du ministère de la Justice, on travaille souvent sur des dossiers assez politiques, où les attentes sont élevées et les enjeux sont très importants. Des dossiers qui font l’actualité et façonnent la réalité juridique d’aujourd’hui.

Une étudiante dans nos équipes travaille par exemple avec plusieurs avocats sur un dossier qui s’en va cet hiver à la Cour Suprême.

Quels types d’étudiants recherchez-vous ? Comment peuvent-ils se démarquer dans leur lettre ?

Des étudiants curieux, allumés, intéressés, créatifs, avec un esprit collaboratif, car on travaille beaucoup en équipe, et qui ont évidemment un intérêt pour le secteur public.

Mais il n’y a pas de parcours idéal. Nos équipes sont très diversifiées. Nous avons des plaideurs, qui aiment s’exprimer en public alors que d’autres sont plus dans l’analyse, la rédaction…

Nous recherchons des profils variés, et nous voyons en entrevue si la personne va bien s’intégrer. Les notes sont considérées, mais nous regardons le dossier dans son entièreté et pouvons comprendre qu’un étudiant ait eu plus de difficultés à une session ou à un cours.

Un conseil que j’ai à donner concernant les lettres est qu’elles doivent être courtes et aller droit au but. Il y a un esprit de synthèse à exercer déjà là. Ça peut nous montrer qu’une personne sera capable dans le cadre d’une opinion ou d’une procédure d’avoir un esprit de synthèse.

Qu’en est-il des possibilités de carrière ensuite ?

On ne garantit pas d’emploi après le stage. Par contre, chez nous comme un peu partout sur le marché de l’emploi actuellement, les perspectives sont intéressantes.

Quand on place nos stagiaires dans certaines sections, on essaie d’ailleurs d’être stratégique et de mettre toutes les chances de notre côté pour pouvoir leur offrir un contrat. Dans les dernières années, notre taux de rétention a été très élevé.
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4 commentaires

  1. DSG
    This is new
    In the old days such jobs were reserved to contributors and friends of the Liberal Party.

  2. Anonyme
    Anonyme
    il y a un an
    Nope ! DSG wrong 2 times this year ! WTF?
    Dans le temps, les postes de stagiaires au MJQ étaient typiquement occupés par des gens n'ayant aucun contacts politiques dans la grande famille du PLQ. Même les stages à la Cour d'appel étaient étiquetés comme des stages de loser.

    Ceux qui font des stages en droit, parmis les enfants des hauts-placés du PLQ ou de leur entoutage, se sont pour la plupart dénichés des stages dans des bureaux prestgieux désservants une clientèle d'affaire, grâce aux contacts de leurs parents. Ils ne font pas partie de la catégorie qui a été stressée par la course aux stages. De nos jours on trouve sans doute davantage de ces gens dans des stages du MJQ simplement parce que les temps sont de plus en plus durs.

    J'ai fais mon stage dans un de ces bureau prestigieux, et quand une tarte (homme ou femme) y faisait son stage on finissait inmanquablement par apprendre l'existence d'un lien entre cette personne et un "equity partners", ou quelqu'un d'important dans la classe politique ou le milieu des affaires.

    • DSG
      So we agree, I think
      We both agree that the PLQ is corrupt, except you say that their sphere of influence extends to the big firms where there's more money to make. Ok, I'll accept that.

  3. Fangwa Hyppolite
    Fangwa Hyppolite
    il y a un an
    Postulant en cabinet d'avocats au Cameroun
    Je suis intéressé par votre offre d'emploi

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