Me Andrée Gosselin a été condamnée à rembourser 7000 dollars à un client.
Me Andrée Gosselin a été condamnée à rembourser 7000 dollars à un client.
Sept ans de combat juridique ont été nécessaires à Saïd Boukendour. Mais le professeur en administration à l’Université du Québec en Outaouais vient de voir ses efforts récompensés.

Le juge Maurice Abud a condamné son avocate de l’époque, Andrée Gosselin, à lui verser 7000 $ pour des honoraires « grossièrement exagérés », écrit-il.

Il faut dire que l’avocate semblait appuyer fort sur le crayon. Surtout le 22 février 2007. Ce jour-là, l’avocate lui a facturé six heures (à 285 dollars de l’heure) pour une longue rencontre avec lui.

Or, M. Boukendour a prouvé que, cette journée-là, il était chez lui avec un collaborateur.

De plus, « pourquoi cette dernière échangerait- elle un courriel avec M. Boukendour le 22 février 2007 à 14 h 41 alors que, selon cette dernière, il était présent à son bureau? », se questionne le juge.

Pour en rajouter, Me Andrée Gosselin mentionne avoir travaillé de 10h à 14h45 cette journée-là à la rédaction d’une lettre dont elle lui charge les honoraires, alors qu’elle est censée discuter avec lui pendant ce temps.

Deux semaines plus tard, elle lui imposera une autre facture douteuse. « Comment Me Gosselin peut procéder à l’étude de divers courriels reçus alors qu’elle est en vacances et qu’elle ne peut ouvrir les pièces attachées? », écrit le juge.

Sans compter qu’elle travaille tout ce temps sur le dossier de harcèlement de son client alors que, selon elle, il n’y avait pas de preuve de harcèlement.

Victoire morale

Sept ans de combat juridique ont été nécessaires à Saïd Boukendour
Sept ans de combat juridique ont été nécessaires à Saïd Boukendour
« Je n’ai même pas récupéré la moitié des honoraires ( de 17 581 dollars), mais pour moi c’est une grande victoire morale » , dit M. Boukendour.

Le professeur a engagé Andrée Gosselin en 2007 pour le défendre, se disant victime de discrimination et de harcèlement par ses employeurs de l’université.

Après quatre mois, le professeur d’origine algérienne l’accuse d’avoir profité de sa méconnaissance des relations de travail pour abuser de lui.

S’il n’y a pas eu de manoeuvres frauduleuses, l’avocate n’est pas blanche comme neige, estime le juge dans sa décision rendue le 9 septembre dernier.

« Le Tribunal estime que les honoraires qu’elle a réclamés à Monsieur Boukendour étaient grossièrement exagérés » , conclut-il.

En 2011, Andrée Gosselin a été nommée juge administratif à la Commission des lésions professionnelles. Déçue du jugement, elle a préféré ne pas élaborer lorsqu’elle a retourné l’appel du Journal mardi.

Pour lire le jugement, cliquez ici.