Le juge Michel Girouard, soupçonné d'avoir acheté de la cocaïne alors qu’il était avocat, aurait été filmé sur le fait par des caméras de surveillance
Le juge Michel Girouard, soupçonné d'avoir acheté de la cocaïne alors qu’il était avocat, aurait été filmé sur le fait par des caméras de surveillance
D'après un document du Conseil canadien de la magistrature rendu public mardi, le juge de la Cour supérieure Michel Girouard, aurait été filmé par une caméra de surveillance en train d'acheter des substances illicites à l'arrière d'un magasin de vidéo deux semaines avant sa nomination en 2010, rapporte The National Post.

Le document fait référence à quatre sources qui prétendent que le magistrat consommait régulièrement de la cocaïne tandis qu'il était avocat dans la région de l'Abitibi.

Dominic Veilleux, patrouilleur de la Sûreté du Québec et ancien barman, a indiqué avoir vu le juge Girouard sous l'influence de la drogue à Val d'Or dans le bar où il a travaillé entre 1988 et 1991 et l'avoir vu aller aux toilettes avec des personnes connues comme étant des trafiquants de drogues.

Michel Thibault, un « patron » dans le milieu de la drogue, devenu ensuite informateur des services de police après son arrestation en 2010, a juré sous serment qu'il avait régulièrement offert des lignes de cocaïne dans le bureau de M. Girouard.

Me Gérald Tremblay, avocat du juge Girouard
Me Gérald Tremblay, avocat du juge Girouard
Il lui aurait vendu pour une valeur de 100 000 dollars de drogue entre 1987 et 1992 et a indiqué à Me Marie Cossette, avocate indépendante pour le comité d'enquête, que le juge était un consommateur modéré et pas un toxicomane. M. Thibaut lui aurait également donné 10 000 dollars de cocaïne en échange de services juridiques.

Les avocats du juge Girouard, dont Me Gérald Tremblay, ont mis en doute la crédibilité de M. Thibault qui purge actuellement une peine de 10 ans de prison après que son réseau de drogue ait été démantelé dans le cadre de l'opération « Écrevisse ».

Se basant sur des registres d'appels entre le magistrat et deux trafiquants de drogue présumés en Abitibi, le Conseil de la magistrature a allégué également que le juge Girouard a entretenu des liens étroits avec le crime organisé. « (..) il n'aurait pas eu la distance nécessaire s'il avait eu a connaître des affaires impliquant des organisations criminelles », souligne le document.

Me Marie Cossette, avocate indépendante pour le comité d'enquête
Me Marie Cossette, avocate indépendante pour le comité d'enquête
Les questions préliminaires seront traitées la semaine prochaine et l'audience sur le fond se tiendra en mai. Me Tremblay entend commencer par contester l'action du Conseil de la magistrature en faisant valoir qu'il a compétence sur ce qui passe une fois les juges nommés et pas sur « les 25 ans de pratique d'un avocat ».

Il a rappelé que ceux qui accusent le juge sont pour la plupart des criminels. « C'est de la foutaise, je ne connais pas leurs motivations ni celles de la police quand ils prennent leur déclaration mais ce sont des informateurs sous contrat qui sont payés », a souligné l'avocat.

Plusieurs amis du juge Girouard ont déclaré devant le conseil ne jamais avoir détecté des signes laissant penser que le magistrat consommait de la cocaïne.