Me Marie-Claude Néron
Me Marie-Claude Néron
Si la faculté de droit apprend la théorie aux futurs avocats, ce n’est qu’une fois en cabinet qu’ils se familiarisent plus intensément avec la pratique. Quatre juristes d’expérience ont confié à Droit-Inc ce qu’elles auraient aimé savoir à leurs débuts.

Me Marie-Claude Néron (Cain Lamarre) : « J’ai choisi le droit du travail, un milieu dans lequel on traite avec des représentants syndicaux qui ne sont pas avocats et qui s’avère être souvent des hommes. Quand on débute, il faut jouer des coudes pour se faire respecter. On m’a déjà appelée “petite mademoiselle”, alors ça peut être déstabilisant, ça peut impressionner et je n’étais pas forcément préparée à cela.

Quand on est jeune avocat, on veut aussi tout gagner, on a tendance à prendre très personnellement les défaites, mais il faut savoir accepter de perdre, sans constamment remettre en questions ses compétences. C’est sûr, cela est frustrant de voir que nos efforts ne sont pas toujours récompensés et cela peut affecter sa confiance en soi. Je trouve qu’on n’est pas assez bien préparé à cela lorsqu’on sort de l’université. »

Me Marie-Hélène Jolicoeur
Me Marie-Hélène Jolicoeur
Me Marie-Hélène Jolicoeur (Lavery) : « J’aurais aimé prendre conscience que le conseil dépasse la simple solution juridique. Quand on commence, on a tendance à vouloir donner aux clients des réponses immédiates, avoir réponse à tout. Pour être un bon avocat, il ne suffit pas de tenir compte du résultat juridique. Il ne faut donc pas hésiter à poser des questions aux clients, car on ne peut pas leur donner des solutions juridiques qui ne sont pas conformes à leurs valeurs. Par exemple, mon client se trouve face à un employé qui a commis une faute grave. Je peux lui proposer de le licencier, mais il prend à cœur de donner une seconde chance aux gens. C’est pour cela qu’il est important d’apprendre à bien l’écouter pour lui proposer une solution adaptée à sa réalité ».

Me Natacha Calixte
Me Natacha Calixte
Me Natacha Calixte (RSS): « Je travaille dans le droit familial, alors j’ai à faire avec beaucoup de familles brisées, des gens en grande détresse, et au début de ma carrière, lorsque venait le temps de les facturer, j’étais souvent prise d’un sentiment de culpabilité. Mais il ne faut pas se sentir coupable tant qu’on fait bien son travail. »

Me Caroline Matte
Me Caroline Matte
Me Caroline Matte (Langlois): « Il faut prendre conscience que si on va en cours avec cinq arguments et que trois d’entre eux nous semblent boiteux, ils ne réussiront pas non plus à convaincre les autres. Il faut donc garder les deux autres, tout miser dessus, s’assurer d’être compris et bref. Il ne faut pas hésiter à suivre des formations là-dessus.

Je dirais aussi qu’il est important de bien réfléchir à ce que l’on aime parce que plus on aime le domaine dans lequel on évolue, plus on sera motivé et on voudra aller plus loin. C’est sûr que lorsqu’on débute, on en a moins l’occasion, mais il ne faut pas hésiter à dire ce qu’on voudrait faire à la hiérarchie, à ses collègues. »