Le juge André Vincent
Le juge André Vincent
La scène se passe au tribunal de Saint-Hyacinthe, lundi, alors qu’un juge refuse d’assermenter deux constables en raison de leur tenue vestimentaire, a rapporté le Journal de Montréal.

Pour protester contre le fait qu’ils n’ont pas de contrat de travail depuis mars 2015, les constables spéciaux portent des pantalons et des chandails bariolés que plusieurs appellent « des tenues de clowns ». Un look qui ne semble pas plaire au juge André Vincent.

Il a ainsi refusé d’assermenter deux d’entre eux, lundi.

Venue pour plaider leur cause durant la pause de midi, Me Jacqueline Bissonnette, représentante du syndicat des constables spéciaux, a tenté de calmer le jeu. En vain.

«Vous avez empiré la situation. Il y a une ordonnance. J’ai exercé mon pouvoir, c’est un droit ancestral », a dit le juge Vincent avant même que l’avocate puisse s’exprimer. « Je m’assure du décorum dans ma salle point. Celui qui est habillé en kangourou je ne le veux pas et je vais prendre des mesures nécessaires. Dans les couloirs du palais, ils (les constables) feront ce qu’ils veulent, mais les jurés ont le droit à un respect. »

Les deux parties sont finalement arrivées à un accord. Le juge a accepté de laisser 24 heures supplémentaires aux constables pour venir vêtus comme il le faut. Mais le syndicat ne compte pas en rester là.

Face à la menace de poursuite pour outrage, il a certes demandé aux constables de mettre au placard chandails de shérif et pantalons de camouflage, mais veut contester l’ordonnance du juge.

« Le juge leur a fait peur en utilisant le mot «outrage» et ça marche. Il y a aura certainement un effet sur tous nos constables. On va essayer de casser cette décision», a conclu le président du syndicat Franck Perales en s’adressant au Journal de Montréal.