C'est une première victoire pour l'Association des avocats et des avocates en droit de l'immigration (AQAADI), à l'origine de la demande d'injonction déposée au nom de Seeun Park, une infirmière d'origine coréenne. « C’est vraiment aujourd’hui une très belle nouvelle, et une très belle nouvelle pour la société québécoise aussi », a réagi son président, Guillaume Cliche-Rivard.

L'attaché de presse du ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, a indiqué par texto à Radio-Canada que celui-ci était « en train de prendre connaissance de la décision » et ne formulerait pas de commentaires « pour le moment ».

L'AQAADI conteste la décision du gouvernement, qui entend éliminer les milliers de dossiers d’immigration non traités dans le cadre de la réforme prévue dans le projet de loi 9.

Le préambule du projet de loi, présenté le 7 février, prévoit spécifiquement de mettre un terme à toute demande présentée au MIDI avant le 2 août 2018 dans le cadre du Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ) géré par Québec, et pour laquelle il n’a pas encore pris de décision.

L’AQAADI juge la décision du gouvernement caquiste illégale, estimant qu'elle pourrait causer un préjudice grave à des milliers de personnes. Les avocats en immigration demandent que les 18 139 dossiers en attente soient traités en priorité par le gouvernement plutôt qu'éliminés.

Dans une lettre ouverte adressée au ministre Jolin-Barrette publiée il y a une dizaine de jours, l'association soulignait que la décision du gouvernement touchait au moins 50 000 personnes.

L'Association du Barreau canadien, qui représente plus de 35 000 juristes au pays, a joint sa voix à celle de l’AQAADI, estimant que la supension des dossiers en attente était illégale et nuisait de surcroît à l'image du Québec.

Les trois partis d'opposition ont unanimement dénoncé l'injustice du projet de loi.