Me Brigitte Garceau. Photo : Site Web de RSS
Me Brigitte Garceau. Photo : Site Web de RSS
Me Brigitte Garceau est nouvellement fellow de l’International Academy of Family Lawyers (IAFL), une association internationale de praticiens en droit de la famille reconnu comme les plus compétents de leurs pays respectifs.

C’est avec un « grand plaisir » que l’associée de RSS a discuté des meilleurs comme des pires moments de sa carrière avec Droit-inc, tout en dévoilant ses ambitions pour les prochaines années…

Droit-inc : Comment on se sent lorsqu’on intègre une académie aussi prestigieuse?

Ça faisait quelques années que mes collègues me parlaient d’intégrer l’académie. Au fil des ans, de plus en plus de mes dossiers ont un élément international, alors j’ai finalement accepté l’invitation.

Ce qui est intéressant, c’est que ce fellowship me donnera l’occasion de parler à des avocats d’autres pays, d’autres juridictions. Ce sont des références qui peuvent être très utiles dans certains dossiers.

Comment se déroule la remise du fellowship? Avez-vous participé à une cérémonie?

Non, il n’y a pas de cérémonie. En fait, tout se fait par courriel. J’ai reçu un message d’acceptation, et l’IAFL a publié quelque chose sur son site web.

Par contre, la section canadienne de l’Académie va tenir une réunion nord-américaine à Toronto en septembre 2020, à laquelle j’ai été invitée à participer à des débats avec des collègues des États-Unis, et ça me rend très heureuse.

Quel est le processus de soumission de candidature?

C’est un processus par invitation. Donc, des collègues doivent rédiger des lettres pour appuyer ta candidature. Dans mon cas, ce sont Pierre-Hughes Fortin et Caroline Harnois qui m’ont appuyée… j’ose croire qu’ils m’ont écrit de bonnes lettres!

Avez-vous travaillé sur des dossiers prestigieux au cours des dernières années qui ont poussé l’académie à vous accueillir?

Je ne crois pas que c’est une question de dossiers prestigieux…

C’est sûr et certain qu’on est un petit groupe en droit de la famille au sein du Barreau de Montréal... tout le monde se connaît. Nous sommes peu à travailler sur des dossiers de la Convention de La Haye, des causes d’enlèvement d’enfants.

Vous êtes chez RSS depuis le tout début de votre carrière, n’est-ce pas?

Oui monsieur!

J’ai commencé ici comme étudiante en droit, entre autres avec la juge Karen Kear-Jodoin. Dans mes premières années, on était que quatre et maintenant, on est 12 dans mon département et plus d’une centaine dans l’équipe. On a vraiment évolué!

Mais il n’y pas que le cabinet qui a évolué. Vous êtes arrivée chez RSS en tant que débutante, et maintenant, vous êtes reconnue comme une des meilleures de votre domaine. Comment avez-vous atteint ce niveau d’excellence?

C’est gentil, mais ce n’est pas comme ça que je me vois. Disons que ça fait quand même 27 ans que je pratique le droit de la famille...

Je me suis bâti une réputation sur le plan éthique et professionnel, une pratique dont je suis fière et des références dans le monde des comptables, des notaires, des avocats au Canada et aux États-Unis.

Pourquoi être toujours restée chez RSS?

Dans une vie, on passe à travers de beaux et de mauvais moments. Dans tous les cas, j’ai toujours pu compter sur l’appui indéfectible de RSS. Des gens de mon département, des associés, des adjointes.

C’est vraiment un bureau dans lequel il y a une belle culture familiale.

Qu’est-ce qui a changé depuis votre arrivée au cabinet?

Bien sûr, on a ajouté beaucoup d’avocats, mais aussi plusieurs domaines de droit. On pratique maintenant en immigration, en droit du travail, droit maritime et droit de la construction.

Si vous regardez en arrière, quel est le dossier sur lequel vous avez travaillé qui vous rend le plus fier?

Il y en a plusieurs qui me viennent en tête, mais bien entendu, je ne peux pas dévoiler le nom des clients.

Le droit de la famille, ce n’est pas évident. C’est un domaine qui est devenu de plus en plus complexe non seulement en ce qui concerne la garde des enfants, mais sur l’aspect financier. On doit porter plusieurs chapeaux : celui de psychologue, de thérapeute, de conseiller financier, de comptable… ça fait en sorte que nos pratiques sont maintenant complexes.

Au bout de la ligne, nos plus beaux moments, ce n’est pas lorsqu’on a gagné à la cour; c’est quand on peut dire au client, qui attend depuis des mois, voire des années, que c’est terminé. On vise une entente win-win. Pour moi, le plus important, c’est d’atteindre les attentes de mes clients en réglant les différends à l’amiable.

Et à l’inverse, quels ont été les moments les plus difficiles de votre carrière?

(Long soupir.)

C’est sûr que lorsqu’on plaide quelque chose devant les tribunaux, et que le jugement n’est pas celui qu’on espérait, ce n’est pas facile.

Tu retournes au début du dossier dans ta tête, tu te dis que tu aurais dû envoyer cette lettre, faire cette réclamation ou faire appel à tel témoin…

Comment on se sort d’une telle torpeur?

Ça nous joue dans la tête, mais à un moment donné, on ne peut pas y songer trop longtemps. Chez RSS, on a un volume assez important. On fait de notre mieux, en donnant les meilleurs conseils dans l’intérêt du client...

Vous semblez voir l’échec avec une grande sérénité. Est-ce un signe de votre expérience?

Effectivement, c’est probablement quelque chose que j’ai développé au cours de ma carrière.

Quand on est jeune, on passe plus de temps à revoir nos démarches. Avec les années, on reçoit beaucoup de jugements, donc on passe moins de temps à ressasser toutes les procédures. On comprend que la discrétion judiciaire est vaste.

Devant un juge, on peut recevoir une décision X, alors qu’un autre rendrait une décision Y devant le même cas.

Justement, quel conseil donneriez-vous à un avocat qui débute sa carrière en droit de la famille?

Dans mon jeune temps, alors que j’étais maître de stage, je disais que le plus important, c’est d’agir avec intégrité devant les tribunaux, avec ses confrères et ses consoeurs.

Avec ton intégrité, tu obtiens une bonne réputation, des références de clients et d’autres personnes. C’est la preuve de ton professionnalisme.

Qu'est ce qu'on vous souhaite pour la suite de votre carrière?

(Rires)

À mon âge, je ne peux qu’espérer pratiquer encore un grand nombre d’années.

C’est un chapitre de ma vie intéressant qui commence. Mes deux enfants ont maintenant 18 et 21 ans, ce qui me donne l’opportunité de voyager, de participer à des colloques et des conférences à travers le monde.

J’ai toujours été là pour mes jeunes enfants et ma famille, mais maintenant, l’opportunité est là de travailler sur des enjeux internationaux. J’ai bien hâte.