BCF perd toute son équipe d’immigration

BCF perd toute son équipe d’immigration
Élisabeth Fleury

Élisabeth Fleury

2026-03-03 15:00:47

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L'équipe d'immigration au complet de BCF quitte le cabinet pour rejoindre une plateforme mondiale…

Elsa Agostinho, Julie Lessard et Sophia Khanzadian - source : LinkedIn


C’est la fin d’une ère chez BCF Avocats d’affaires. Me Julie Lessard, figure de proue de l’immigration d’affaires au Québec, quitte le cabinet accompagnée de ses associées Elsa Agostinho et Sophia Khanzadian, entraînant avec elles l’intégralité de leur équipe. Une transition qui raye l'offre de services en immigration de la carte chez BCF.

Le milieu juridique montréalais est en ébullition. Me Julie Lessard, qui dirigeait la pratique d’immigration chez BCF, a confirmé à Droit-inc son départ vers le géant mondial Fragomen.

Elle n’est pas seule : les associées Elsa Agostinho et Sophia Khanzadian, ainsi que l’ensemble des professionnels de l’équipe, font le saut avec elle. Au total, c’est une vingtaine d’avocats, parajuristes et membres du personnel de soutien qui ont quitté BCF pour rejoindre Fragomen le 16 février.

Cette transition a mis un terme à l’offre de services en immigration chez BCF. Pour le cabinet multidisciplinaire québécois, il s'agit d'un virage important, puisque l'équipe n'existe plus au sein de la structure.

Il n’a pas été possible de savoir si c’est le cabinet ou son équipe d’immigration qui a pris l'initiative du divorce « pour des raisons de confidentialité et d’engagements pris de part et d'autre », nous a-t-on expliqué.

Du côté de BCF, on indique néanmoins que « cette décision découle de plusieurs mois de réflexions stratégiques et de discussions sur le modèle opérationnel de la pratique et l’évolution très rapide du marché de l’immigration d’affaires ».

« L’intégration à une plateforme spécialisée s’est révélée la meilleure option pour soutenir le groupe et répondre aux attentes des clients », indique Manon Goudreault, associée et cheffe de la direction, stratégie clients et rayonnement.


Une migration technologique et globale

Pourquoi quitter un cabinet local bien ancré pour une plateforme mondiale? Pour Me Julie Lessard, la réponse réside dans la modernité et l'agilité. Dans un contexte de diversification des marchés, Me Lessard estime qu'il était essentiel de rejoindre un environnement qui place l'innovation technologique au cœur de sa pratique.

« Nous souhaitions pratiquer le droit de façon moderne, agile et efficace, tout en répondant aux besoins globaux de nos clients, qu’il s’agisse de grandes entreprises ou de PME québécoises », explique-t-elle.

Chez Fragomen, l'équipe bénéficie désormais d'outils permettant aux clients un accès en temps réel à leurs dossiers et une sécurité des données accrue.

La force de frappe du réseau mondial, présent dans 167 pays, s'est d'ailleurs illustrée dès les premières heures de leur arrivée. « En moins de 24 heures, nous avons vu nos collègues mobiliser une cellule de crise pour soutenir nos partenaires dans les zones affectées par le conflit avec l’Iran », rapporte Me Lessard.

Le client au centre, l'équipe valorisée

Me Julie Lessard insiste sur le fait que la transition a été planifiée de manière « harmonieuse et responsable ». Les clients, dont beaucoup entretiennent une relation de confiance de longue date avec l'équipe, ont massivement choisi de suivre le mouvement, souligne l’avocate.

Josie Morello - source : LinkedIn
Le changement est également de taille pour les professionnels qui accompagnent le trio d'associées. Les avocates Catherine Lambert et Josie Morello, ainsi que plusieurs parajuristes d’expérience, accèdent désormais à des rôles de gestion, de supervision et d’encadrement, précise Me Lessard.

Selon l’avocate, Fragomen offre des perspectives de carrière « qui diffèrent de ce qui aurait été possible au sein d’un cabinet local multidisciplinaire ».

Une prise de marché stratégique pour Fragomen

Pour le géant mondial, cette intégration muscle considérablement son offre québécoise. Enrique Gonzalez, coprésident de Fragomen, affirme dans un communiqué que cette arrivée témoigne d’un « désir profond d’investir dans les talents du Québec » afin d'offrir un soutien coordonné à l'échelle planétaire.

De son côté, Cosmina Morariu, associée directrice au Canada, souligne que cette croissance permet au cabinet de « consolider son leadership en matière de politique d’immigration, de planification de la main-d’œuvre et de conformité », offrant ainsi des stratégies claires aux employeurs dans un contexte réglementaire en constante évolution.

Cap sur les États-Unis et le recrutement

L'un des atouts majeurs de cette fusion réside dans la mobilité vers le Sud. Si l'expertise vers les États-Unis existait déjà chez BCF, elle prend une nouvelle dimension chez Fragomen. L'équipe pourra désormais offrir une gamme complète de services transfrontaliers en français, un avantage compétitif indéniable pour attaquer le marché américain.

Et l'expansion ne s'arrête pas là. Me Julie Lessard confirme que l'équipe est déjà en mode recrutement actif, tant pour l'immigration canadienne qu'américaine, afin de soutenir une croissance qui s'annonce rapide.

« C’est une superbe opportunité pour Elsa, Sophia et moi de diriger un nouveau cabinet à Montréal qui a cette ouverture sur le monde », se réjouit Me Lessard.

D'autres mouvements à venir chez BCF?

Questionnée à savoir si d’autres mouvements sont à prévoir chez BCF, Manon Goudreault indique que la priorité du cabinet est de « bâtir des secteurs de pratique solides et alignés sur les besoins des leaders d’affaires ».

« Le cabinet demeure à l’affût d’occasions qui permettent de renforcer ses expertises, comme ce fut le cas avec les acquisitions dans les douze derniers mois des cabinets LCB en droit immobilier et de Grave en droit du travail et de l’emploi », souligne la porte-parole de BCF.

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