Me Marie-Aimée Beaulac travaille comme avocate pour un établissement de protection de la jeunesse depuis quatre ans.  Photo : Facebook.
Me Marie-Aimée Beaulac travaille comme avocate pour un établissement de protection de la jeunesse depuis quatre ans. Photo : Facebook.
Me Marie-Aimée Beaulac travaille comme avocate pour un établissement de protection de la jeunesse depuis quatre ans.

Même toute petite fille, le Barreau 2015 a toujours voulu défendre les enfants. C’est pour ça qu’elle a fait son droit.

« La mère d’un de mes bons amis d'enfance était famille d'accueil », explique simplement la jeune avocate. Elle en a vu de jeunes poqués passer par cette maison-là. Maintenant, les dossiers de la DPJ constituent 80 % de sa pratique.

« C’est ma vocation! lance l’avocate. J’aime tellement ça, et je ne me vois pas faire autre chose. »

La protection de la jeunesse est donc le cheval de bataille de Me Beaulac, mais depuis quatre semaines, elle a aussi un poulain. L’avocate s’est enrôlée comme préposée aux bénéficiaires la fin de semaine au CHSLD Jean-De La Lande de Montréal.

« J’étais vraiment prête à vivre ce défi-là », confie l’avocate.

CHSLD la fin de semaine

Le samedi et le dimanche, elle lave les résidents, leur sert à manger, les nourrit, les change, les aide à gagner leur fauteuil, et leur donne un peu d’humanité.

L’avocate s’est déjà particulièrement attachée à une résidente âgée, avec qui elle a d’ailleurs chanté la chanson Harmonium du groupe éponyme en fin de semaine dernière.

« Je vais lui jaser quand je peux », dit-elle le sourire dans la voix.

Son jour de congé par semaine, Me Beaulac l’utilise pour s’entraîner pour un ultra marathon, une course plus longue qu’un marathon traditionnel. « Au Québec, les plus grands sont de 160 km », mentionne l’avocate et athlète. Elle a déjà fait un iron man, mais un ultra marathon, ce sera sa première fois.

L’avocate semble être en forme, non? Pourtant même pour elle, le travail de préposée aux bénéficiaires est éreintant.

« Honnêtement, moi j’ai été vraiment surprise de constater à quel point c’est un travail qui est physique : soulever des résidents, les aider à se lever, les déplacer dans le lit, décrit Me Beaulac. Il fait chaud avec l’équipement de protection individuelle, donc la chaleur, le fait d’être debout pendant toute la journée et tout ça, c’est vraiment épuisant physiquement. »

Imaginez toute la semaine.

Mais Me Beaulac l’a aussi vécu toute la semaine auparavant. Elle a été aidante naturelle pour sa mère, décédée chez elle en 2012.

« C’est moi qui m’occupais d’elle à la fin. Je la lavais, je changeais sa culotte, j’injectais sa morphine, etc. Je savais que j’avais la capacité de sauter (en CHSLD), et je me disais que les résidentes, c’est les mères de quelqu’un d’autre. »

L’avocate à la grande âme s’occupe des enfants des autres, et maintenant des parents et grands-parents des autres. Sa récompense, « c’est vraiment la reconnaissance des résidents », glisse-t-elle, mais pas seulement.

« Un contact humain avec des personnes, nécessairement c'est enrichissant, et ça fait de toi une meilleure personne. Et puis je peux dire que je pense que ça va faire de moi une meilleure avocate, par extension. »

Notez, avocats, notez bien!