Le pasteur Claude Guillot. Photo : Radio-Canada
Le pasteur Claude Guillot. Photo : Radio-Canada
La juge Johanne April estime que les conditions nécessaires à l'exercice d'un tel recours ne sont pas rencontrées parce que les sévices allégués diffèrent d’une victime à l’autre.

Les deux instigateurs de la demande reprochent notamment à Guillot des violences physiques répétées, mais l’un d’eux dénonce aussi du harcèlement sexuel de la part du pasteur.

De plus, les gestes reprochés n’ont pas eu lieu au même endroit et à des époques différentes. Certains faits se seraient déroulés dans les années 2000 à l’école clandestine de Claude Guillot, au sous-sol de sa résidence de Québec, et d’autres dans les années 80 à l’école de l’Église baptiste de Victoriaville.

« Bien que la situation vécue par les personnes visées par la présente demande mérite toute compassion, elles ne peuvent être autorisées à exercer l’action collective envisagée », a rédigé la juge April dans son jugement publié lundi.

L’affaire Rozon citée dans le jugement

La juge s’est aussi basée sur un récent jugement dans l’affaire Gilbert Rozon, fondateur du festival Juste pour rire, pour rendre sa décision. Une demande de recours collectif par les Courageuses a été rejetée pour des raisons similaires.

Claude Guillot enseignait dans le sous-sol de sa résidence de Québec. Photo : Radio-Canada
Claude Guillot enseignait dans le sous-sol de sa résidence de Québec. Photo : Radio-Canada
« Ainsi, le Tribunal a conclu que les enseignements du récent arrêt de la Cour d’appel dans l’affaire Rozon trouvent application dans un contexte particulier où les allégations des demandeurs, bien que tenues pour avérées, doivent faire l’objet d’une preuve unique à chacun, que ce soit au niveau de la faute, des dommages, que du lien de causalité », souligne la juge April.

« En l’espèce, les faits reprochés à Guillot devront faire l’objet d’une analyse individuelle. » - La juge Johanne April

Poursuites individuelles

La juge April indique toutefois qu'il serait possible pour les plaignants d'entamer des poursuites individuelles au civil, s'ils le souhaitent.

La demande d'exercer une action collective au civil était présentée par deux présumées victimes du pasteur Claude Guillot. Elles souhaitaient obtenir une somme globale de 4 millions de dollars pour chaque ancien élève de Guillot, qu'il soit de Victoriaville ou Québec.

Procès criminel

Rappelons que l'homme d'Église est également accusé au criminel d'avoir fait subir des sévices physiques et psychologiques à six anciens élèves, et ce, durant de nombreuses années.

Le pasteur Guillot reviendra en cour le 30 octobre prochain pour la poursuite de procès criminel.