Un faux avocat arrêté en plein procès... Photo : Shutterstock
Un faux avocat arrêté en plein procès... Photo : Shutterstock
Un homme qui se prétendait avocat et qui défendait deux victimes d’une escroquerie a été interpellé jeudi au tribunal de Cusset, dans la ville d’Allier en France, révèle la chaîne d’information Europe 1.

Sébastien Buisson a été placé en garde à vue sous les yeux de ses clients, qui n’en revenaient pas.

Le faux avocat de 35 ans soulevait déjà les soupçons avant l’audience : il prenait des égoportraits devant le tribunal avec ses deux clients, et portait mal sa robe d’avocat. Mais c’est sa plaidoirie qui a vraiment mis la puce à l’oreille de ses confrères, de vrais avocats ceux-là.

« Des doutes sont vraiment apparus compte tenu du caractère complètement décousu de son intervention, du fait qu'il n'y avait aucun contenu juridique au propos qu'il tenait. Il y a eu un moment de flottement parce qu'on sentait bien qu'un doute était en train de naître », explique le substitut du procureur Laurent Béard à Europe 1.

La juge a alors demandé à l’imposteur sa carte d’avocat, qu’il a été incapable de produire. Le substitut du procureur est allé faire quelques recherches sur Internet. Il y a découvert non seulement que Sébastien Buisson était un escroc notoire, mais qu’il ne figurait même pas sur un barreau en France.

« Lorsque le procureur a insisté pour avoir des documents, il a fini par reconnaître qu'il avait été suspendu, mais ce qui ressort, c'est qu'il n'est pas avocat du tout, n'a jamais été inscrit sur un barreau », poursuit l’avocat.

Sébastien Buisson est mis en examen pour « exercice illé­gal de la profession d'avocat » et « escroquerie » en récidive. En effet, le professionnel de l’escroquerie a déjà été condamné 11 fois, et est en outre actuellement mis en examen dans une autre affaire de détournement de 260 000 euros de dons humanitaires au sein d’une association qu’il présidait.

Si les avocats et la magistrate ont perdu leur temps jeudi, il reste qu’ils voient les choses avec humour.

« Cela paraît tellement grossier, et pourtant... Il n'a pas fait illusion une seconde quand il a plaidé, ça nous a un peu changé de notre quotidien! », a lancé le procureur substitut Laurent Béard.