Les instigatrices de la page Facebook « Dis Son Nom » devront révéler leur identité. Photo : Facebook
Les instigatrices de la page Facebook « Dis Son Nom » devront révéler leur identité. Photo : Facebook
Les instigatrices de la page Facebook « Dis Son Nom » sont-elles dans l’embarras?

Un jugement de la Cour supérieure du Québec les forcent à révéler leur identité, estimant qu’elles ne disposent d’aucun droit particulier à l’anonymat.

« Les défenderesses n’ont pas démontré que leurs communications avec les victimes, de même que l’identité de ces dernières, sont protégées par un privilège quelconque », a notamment mentionné la juge Katheryne Desfossés selon La Presse.

Delphine Bergeron, l’une des deux administratrices de la page, est déjà connue du public : elle a révélé son identité en septembre dernier dans le cadre d’un entretien au Devoir.

Jusqu’à ce jour, la seconde administratrice avait réussi à préserver son anonymat. Victime d’agression sexuelle, comme Mme Bergeron, elle estime être trop fragile pour s’exposer publiquement, toujours selon La Presse.

Une poursuite

Jean-François Marquis, dont le nom s’est retrouvé sur sa liste au côté de quelque 1500 autres individus, poursuit en diffamation les créatrices de « Dis Son Nom ».

C’est dans le cadre de ce procès, où il réclament 50 000$ en dommages, que M. Marquis a demandé à ce que leur identité soit révélée.

Le jugement de la Cour supérieure contraint aussi les administratrices à remettre à M. Marquis le contenu des témoignages de dénonciation qu’elles ont reçues, y compris l’identité de la ou des personnes qui affirment avoir été agressées par ce dernier.

« Considérant que les défenderesses entendent spécifiquement démontrer la véracité des reproches formulés par la ou les victimes alléguées de monsieur Marquis, il est évident que ce dernier doit savoir qui lui reproche quel geste. Lui refuser cette information équivaudrait à le priver de son droit de répondre à la défense », signale le jugement, toujours selon La Presse.

La page « Dis Son Nom » se veut un mouvement pour les victimes d’agressions sexuelles. Les administratrices ont publié en ligne les noms de milliers d’agresseurs présumés au courant des derniers mois.