Les réalisatrices Monic Néron et Émilie Perreault. Photos : Radio-Canada
Les réalisatrices Monic Néron et Émilie Perreault. Photos : Radio-Canada
Les réalisatrices Monic Néron et Émilie Perreault ont mis trois ans à finaliser le documentaire La victime parfaite, qui prendra l’affiche ce printemps.

Dans la foulée du mouvement MoiAussi, elles dépeignent les embûches rencontrées par des victimes d’agression sexuelle qui tentent d’obtenir justice.

D’abord, elles soulignent le petit nombre de dénonciations à la police qui se rendent jusqu’au dépôt d’accusations par le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Bien qu’elles n’aient pu obtenir aucun chiffre précis de la part des instances concernées, elles observent en interrogeant des victimes que la décision semble dépendre des chances d'obtenir des accusations.

Et cette évaluation des possibilités de succès variant selon les districts et les procureurs, elle serait « assez discrétionnaire ».

« C’est là que ça semble bloquer », a confié Monic Néron en entrevue à Tout le monde en parle, le 7 février, ajoutant qu’elle se demande parfois envers qui est dirigé l’intérêt de la justice.

Dans leur volonté de faire bouger le statu quo, les deux journalistes disent s’être souvent heurtées au cours de leur investigation à une réponse : « le système est ainsi fait ». En effet, plusieurs initiatives tardent à être mises en place.

Au cours de la même entrevue, Émilie Perreault donne en exemple le projet de loi pour la formation des juges en matière d’agression sexuelle, qui, après trois ans, est toujours en évaluation au Sénat.

« Les juges sont très réfractaires à se faire imposer de la formation », indique Monic Néron.

Même constat pour le tribunal spécialisé. Plusieurs des criminalistes qu’elles ont interviewé pour le documentaire pourraient s’opposer à plaider devant ce tribunal et ont menacé de faire un fiasco, si le projet voyait le jour.

« Ce que je déplore, c’est l’incapacité du système à se remettre en question », a spécifié Monic Néron. Selon elle, les acteurs du système n’auraient pas la capacité d’introspection nécessaire pour admettre qu’ils font peut-être partie du problème qui a entraîné des débordements dans les réseaux sociaux et la presse.