Sandrine Mainville travaille depuis un an déjà chez BLG. Photo : Site web de BLG
Sandrine Mainville travaille depuis un an déjà chez BLG. Photo : Site web de BLG
Sandrine Mainville souligne, ce mois-ci, sa première année comme avocate, chez Borden Ladner Gervais (BLG). La médaillée olympique, l’une des meilleures nageuses de relais de sa génération, espère maintenant trouver sa voie. Et acquérir de l’expérience.

Elle se confie à Droit-inc au sujet de son ancienne et de sa nouvelle vie.

Vous êtes avocate chez BLG depuis un an. Quel portrait dressez-vous de votre dernière année?

Disons que je ne m’attendais pas à une année comme celle-là. Ma cohorte a été assermentée le 18 mars, littéralement lors de la première semaine de la pandémie.

En rétrospective, après un an, je ne crois pas que ça ait nécessairement joué sur ma pratique. Nous nous sommes tous adaptés d’une façon remarquable. Nous avons de petits trucs à l’intérieur du bureau pour rester connectés : nous parlons par chat et vidéo, et ça me permet d’apprendre beaucoup. Je suis super confiante pour la suite.

Un moment professionnel marquant, peut-être?

J’ai eu une expérience où j’ai assisté un avocat à la Cour — d’ailleurs c’est un dossier qui se poursuit. Nous avons eu quelques dates d’audition en présentiel, au Tribunal administratif du travail.

Ce n’est pas moi qui plaide le dossier — je suis celle qui assiste —, mais je suis avec un avocat d’expérience. J’ai des communications avec le client et j’assiste à toutes les étapes de A à Z. Je suis aussi présente en background pour m’occuper de la recherche. C’est le premier dossier dans lequel j’ai vraiment la chance de contribuer à toutes les étapes, de A à Z.

De 2013 à 2018, vous étudiiez au baccalauréat tout en poursuivant votre carrière d’athlète de haut rang. Le regrettez-vous rétrospectivement, ou estimez-vous qu’il s'agisse d’une bonne décision?

Ah non! C’était vraiment la bonne décision. Je n’ai aucun regret, mais c’est sûr que je suis nostalgique, des fois, de certains moments.

Mon plus gros moment de nostalgie est arrivé en 2018, quand l’équipe était à Tokyo (NDLR : Championnats panpacifiques). C’est la première compétition internationale que je ne faisais pas… même si j’y suis allée pour voir l’un de mes coéquipiers compétitionner. J’étais donc vraiment avec l’équipe.

Ce n'était pas un sentiment de regret, mais bien de nostalgie. Encore une fois, quand j’y pense aujourd’hui, je me dis surtout que je m'ennuie de l’équipe, que je m'ennuie de ne plus faire partie de l’équipe nationale. C’est un sentiment exceptionnel d’être membre d’une équipe qui représente son pays.

Ma décision de prendre ma retraite est arrivée à un moment naturel de ma carrière, un moment où je m’apprêtais progressivement à arrêter la natation et à participer à la course aux stages. J’ai ensuite trouvé un stage chez BLG. Tout ça s'est fait de façon naturelle, au moment où je disais « au revoir » à une partie de moi tout en découvrant quelque chose de totalement nouveau. Je n’ai pas vraiment eu le sentiment de perdre quelque chose, la transition s’est vraiment bien faite.

Parlons-en, justement. Comment s’est déroulée votre transition du monde de la natation à celui du droit?

Au début, je ne me posais pas trop de questions. C’est après deux semaines chez BLG que j’ai vraiment ressenti… le sentiment de faire partie d’une équipe.

Quand j’ai commencé, nous étions une petite équipe de huit ou de dix étudiants. J’ai un peu ressenti le même sentiment que j’avais quand je m'entrainais à Toronto pour les Jeux olympiques de 2016. Nous étions un petit groupe de huit-dix, environ.

Nous vivions un peu la même chose ; nous vivions des hauts et des bas, nous travaillions fort… Tout ça, je l’ai retrouvé à mes débuts chez BLG. C’était une nouvelle expérience, mais aussi quelque chose auquel j’étais habituée.

Selon Sandrine, il y a des similitudes entre la natation et le droit. Photo : Twitter
Selon Sandrine, il y a des similitudes entre la natation et le droit. Photo : Twitter
Voyez-vous des similitudes entre la natation et le droit?

Non seulement des similitudes, mais aussi… quand je suis confrontée à des setbacks, quand je suis stressée ou quand j’ai du mal à jongler avec tout ce qui est sur ma planche à dessin… ce sont des choses que j’ai appris à gérer quand j'étais athlète. C’est plus facile pour moi d’être sereine, même si travailler dans un grand bureau peut être stressant.

Je travaille avec des gens super motivés, et ça, c'est l’fun aussi : de travailler avec une équipe qui a le même mindset que soi.

Avec la natation, c’est ça : je m'entrainais avec des gens qui voulaient aller aux Olympiques. Je ne travaille pas avec des personnes qui veulent aller aux Olympiques, mais nous avons un but commun : travailler fort pour faire rayonner notre pratique.

Maintenant que vous êtes avocate, qu’avez-vous le plus hâte d’accomplir?

Ce n’est pas nécessairement en termes d’accomplissement. C’est plutôt que j’aimerais trouver ma voie, trouver ma spécialité. Pas forcément d’être la référence en la matière, mais d’être confiante dans ma pratique et de trouver ma niche.

J'apprends tous les jours. Je suis dans un milieu qui m’offre beaucoup d’opportunités, notre bureau est super diversifié. Je travaille en droit du travail et de l’emploi, un domaine qui est aussi super diversifié. Est-ce que je vais commencer, un jour, une spécialisation encore plus poussée en droit du sport? Je ne sais pas, mais je suis intéressée à considérer cette voie. Je m’ouvre des portes, je reste alerte, je reste curieuse, et je vais voir où tout ça me mène.

Dans votre carrière, où vous voyez-vous dans cinq ans?

J’aimerais profiter de mes premières années de pratique pour explorer, et connaître potentiellement, dans cinq ans, ce qui me passionne.

Quand j’étais une athlète, du moins vers la fin de ma carrière, j’avais vraiment confiance en ce que je faisais. Je coachais les plus jeunes, je donnais des conférences sur la gestion du stress... J’étais dans mon élément.

J’ai terminé cette portion de ma vie, et maintenant j’en commence une autre. Je me replace au début de ma carrière de natation : j’aime ce que je fais, j’explore, mais c’est vraiment avec les années que je deviendrai plus confiante par rapport à ma pratique. Et j’ai hâte d’en arriver là. J’ai hâte de voir où j’en serai dans cinq ans, et à quel point j’aurai cheminé.