Mes Vincent Caron et Vincent Bergeron. Photos : LinkedIn et site web de Robic
Mes Vincent Caron et Vincent Bergeron. Photos : LinkedIn et site web de Robic
L’ABC-Québec organisera une conférence sur le Deepfake, ou hypertrucage, cette technique basée sur l’intelligence artificielle qui permet de modifier des images et vidéos.

Intitulée Les impacts de l’émergence de l’hypertrucage (Deepfake), cette conférence se tiendra en ligne le 14 avril prochain entre 12h30 et 14h00.

Tour d’horizon.

Remettre les pendules à l’heure

Joint par Droit-inc, Me Vincent Caron, directeur des affaires juridiques chez IngeniArts Technologies - Ugowork, et Me Vincent Bergeron de Robic parlent avec enthousiasme de leur conférence.

Les deux avocats espèrent offrir une conférence qui sortira « un peu des sentiers battus », alors qu’elle traite, selon eux, d’un sujet « apprécié des auditoires ».

« C’est un sujet dont on entend parler en surface, et souvent dans une perspective assez alarmiste (...) Nous, nous aimerions le déconstruire (NDLR : la technologie du Deepfake) et le regarder dans différents angles en utilisant le droit comme point focal », explique Me Bergeron.

« C’est une technologie qui a un potentiel de perturbation important, mais qui a aussi beaucoup d’utilisation légitime très prometteuse », ajoute Me Caron.

«L’idée ici est de présenter les deux côtés de la médaille plutôt que d’offrir une présentation sensationnaliste sur une nouvelle technologie. On essaie vraiment d’avoir un regard objectif, qui portera autant sur les avantages que sur les inconvénients. »

Au-delà des avocats…

Visiblement passionnés, Mes Caron et Bergeron espèrent, sans surprise, qu’ils réussiront à « ouvrir les yeux » des participants.

« Il y a beaucoup de professionnels qui suivent des formations comme celle-là un peu passivement, mais, moi, mon objectif serait qu’ils arrêtent tout ce qu'ils font pour nous écouter », mentionne Me Bergeron.

D’autant plus qu’ils croient en l’intérêt de leur formation.

« Les impacts que ça peut avoir touchent une panoplie de domaines », poursuit Me Bergeron. « Autant les avocats en droit de la personne que du côté des avocats en droit du divertissement, ou encore du côté des avocats en droit de la preuve ».

Deepfake oblige, il leur apparaît nécessaire d’adopter une approche « large ». « N’importe quelle personne qui se retrouve devant les tribunaux, quel que soit le domaine, doit maintenant se questionner : la preuve est-elle légitime, authentique ou a-t-elle été manipulée ? », explique l’avocat de ROBIC.

Au-delà des avocats, ils affirment aussi que de nombreux professionnels peuvent se sentir concernés. « Toutes personnes qui s’intéressent aux nouvelles technologies vont apprécier la formation. Que vous ayez un background juridique très poussé ou non, si vous êtes adepte de nouvelles technologies et des tendances sur le marché… ça peut s’adresser à un public assez large ».

Un intérêt renforcé par la pandémie

Lors de l’événement, les deux conférenciers comptent adopter un ton à la fois théorique et concret.

« On risque de diffuser certains extraits où nous démontrerons concrètement à quoi ressemble l'hypertrucage pour que les participants n’en parlent pas que de façon théorique », annonce Me Caron.

C’est aussi une façon, comme il l’explique avant de conclure, de cadrer avec l’actualité.

« La majorité des échanges sociaux se font dans un contexte de vidéo à distance, tandis que la manipulation de fichier vidéo, audio ou autres peut avoir des impacts pour augmenter de manière significative les risques de fraudes et de désinformation ».

« D’un point de vue plus positif, cela peut améliorer la personnalisation des produits, créer de nouvelles formes de divertissement. Il y a une pertinence qui est vraiment accélérée par la pandémie ».