Emmanuelle Lanctôt et Sabrina Kosseim. Photos : LinkedIn
Emmanuelle Lanctôt et Sabrina Kosseim. Photos : LinkedIn
Emmanuelle Lanctôt et Sabrina Kosseim, deux étudiantes de l’Université de Montréal, ont remporté quatre prix avec leur équipe lors du premier concours de plaidoirie portant sur le droit de l’immigration des réfugiés et de la citoyenneté au Canada.

Elles ont notamment remporté le titre de « meilleur groupe », noté en fonction de leur mémoire et de leur plaidoirie orale respective. Sabrina Kosseim a aussi remporté celui de la meilleure plaideuse du concours.

Les deux étudiantes étaient coachées par Me Carolan Villeneuve du cabinet Woods, chargée d’encadrer les membres de l’équipe de l’Université de Montréal.

L’événement était organisé en partie par l’Association canadienne des avocats et avocates en droit des réfugiés, un organisme pancanadien (ACAADR). Il s’est tenu en collaboration avec la Cour fédérale.

Droit-inc a parlé avec Emmanuelle Lanctôt et Sabrina Kosseim. Entretien.

Parlez-nous de ce concours et de votre expérience pour commencer.

EL : C’est Sabrina qui m’a un peu entraînée là-dedans, car elle est membre du Comité sur le droit des réfugiés.

SK : Oui, c’est ça. C’était la première édition, l’événement était pancanadien et portait sur le droit de l’immigration et des réfugiés. Il a été organisé par l’ACAADR, dont je suis membre de leur comité à l’Université de Montréal. Il a aussi plusieurs cabinets qui l’ont sponsorisé.

Sabrina, qu’est-ce qui vous pousse à vous impliquer auprès de la section “UdeM” de l’Association pour le droit des réfugiés?

SK : Je compte m’orienter vers le droit de l’immigration et des réfugiés, dans ma vie, dans ma pratique.

En tant que fille d’immigrants, c’est une cause qui me tient à cœur. Je considère aussi, d’un point de vue global, que les États développés, comme le Canada, ont un devoir moral et éthique de venir en aide aux populations moins favorisées, ou qui n’ont pas eu les mêmes chances. L’immigration, ainsi que le droit des réfugiés, est un moyen efficace, pour un État comme le Canada, de venir en aide à des populations dans le besoin.

De pouvoir contribuer, en tant qu’avocate, en tant que future juriste, à l’intégration de certaines personnes au Canada, c’est ça qui me motive.

Et vous, Emmanuelle?

EL : Je ne suis pas vraiment active dans le milieu de la protection des réfugiés. Je ne connaissais pas beaucoup ce domaine de droit avant de m’intéresser au concours.

J’ai un intérêt pour les droits de la personne. J’ai fait beaucoup de cours de droit international de la personne… La protection de l’humain en général, c’est un sujet qui me touche. Tout comme la plaidoirie. Je veux plaider dans ma carrière, aller devant les tribunaux et plaider.

Quand j’ai vu ce concours, qui est en lien avec les droits de la personne et la plaidoirie orale et écrite, ça m'a interpellé. Je n’avais pas nécessairement, à la base, de connaissances ou d’intérêt envers le droit de l’immigration, mais ce concours m’a fait voir un autre domaine. Mon intérêt pour celui-ci a commencé à se développer.

Comment vous êtes-vous préparé en vue de ce concours?

EL : En fait, il y a deux étapes, la première étant celle du mémoire. La seconde est celle de la plaidoirie.

Nous nous sommes attardées sur le mémoire, qui était à remettre deux avant la plaidoirie orale. Nous étions en équipe de quatre avec le reste de l’UdeM, et il y avait beaucoup de lectures de jurisprudence et de recherches à faire. Nous avons divisé le travail en quatre, et nous avons ensuite fait une mise en commun d’idées et d’arguments pour les deux équipes, les deux positions.

C’était vraiment un travail d’équipe. Nous nous sommes révisés beaucoup, et nous avons effectué des réunions plusieurs fois par semaine pour nous assurer que nous avancions bien.

Une fois le mémoire déposé, nous avons commencé à nous intéresser à la plaidoirie orale. Nous avons révisé notre mémoire au complet, décortiqué nos arguments principaux et ciblé les plus importants. Et, encore une fois, tout cela par Zoom!

Je pense que notre plaidoirie orale s’est vraiment distinguée de notre mémoire. Nous avons réussi à séparer les deux, à prendre l’essentiel et à le formuler d’une façon que les juges nous comprennent.

Pour le mémoire et la plaidoirie orale, nous avons reçu beaucoup d’aide de la part de la professeure Martine Valoie. Nous avons aussi eu l’aide de Me Carolan Villeneuve, une avocate chez Woods.

Comment vous sentez-vous, après cette participation? Qu’est-ce que ça vous fait d’avoir remporté plusieurs prix?

SK : Personnellement, j’ai décidé de participer à ce concours, car la plaidoirie m’apparaissait comme un défi, une crainte. L’idée de parler en public me stressait beaucoup.

Je ne voulais pas que la plaidoirie soit un obstacle dans ma future carrière, surtout si je désire plaider en droit de l’immigration et des réfugiés. J’ai décidé de confronter cette “peur”, cet obstacle qui pourrait me freiner dans la vie. Ça venait d’une faiblesse que je désirais confronter.

Quand nous avons remporté la finale, et, surtout, quand j’ai remporté le prix de la meilleure plaideuse du concours, j’étais… je trouvais cela difficile à croire. Ça me paraissait impossible, car ma participation venait d’un désir de m’améliorer. Ma participation m’a fait découvrir que j’ai peut-être un talent dans ce domaine, ainsi qu’un bel aspect de la pratique du droit. Je suis très satisfaite et reconnaissante d’y avoir participé. C’est l’une des plus belles expériences de mon bac.

Comment voyez-vous la suite de votre parcours, sachant que vous terminerez votre baccalauréat cette année?

EL : J’ai mon stage avec Woods. Je vais commencer l’été prochain. Également, le droit international et les droits de la personne continuent de me passionner.

Je songe à faire une maîtrise, même si je ne sais pas encore exactement dans quel domaine. J’aimerais aller en Europe pour faire ma maîtrise.

Je devais également suivre le cours de droit international public et de droit international privé à l’Académie de droit international de La Haye. Pour le moment, ç’a été annulé, mais j’ai tout de même l’intention d’y aller. Peut-être l’an prochain. J’aimerais continuer un parcours international, et je n’exclus pas d’essayer l’arbitrage.

SK : Je vais faire le barreau à l’automne prochain. Après, je ne suis pas encore sûr si je vais effectuer un stage ou si je vais faire une maîtrise. Le domaine du droit de l’immigration et des réfugiés est celui qui m’intéresse le plus, mais cela s’inscrit dans un domaine plus global des droits humains. J’ai un intérêt pour la défense des droits humains et la justice sociale à travers le droit. C’est peut-être dans ce domaine que j’effectuerais une maîtrise.