Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. Source : Radio-Canada
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. Source : Radio-Canada
Yves-François Blanchet est revenu à la charge sur la question de la nomination des juges lundi, appelant à la création d'un comité qui aura pour mandat de rendre le processus « exempt de toute intoxication partisane ».

L'annonce du chef bloquiste dans la circonscription de Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine n'avait rien de fortuit : Le Journal de Québec révélait récemment que la députée sortante Diane Lebouthillier aurait fait pression pour que l'associé d'un de ses donateurs de la campagne libérale de 2015 soit nommé juge.

Une autre preuve qui vient s'ajouter à la liste des « écarts éthiques graves » du « régime Trudeau » depuis son arrivée au pouvoir, selon M. Blanchet.

Le chef du Bloc a évoqué les cas des ministres sortants David Lametti, dont l'un des contributeurs s'est vu offrir un poste de juge, et Dominic Leblanc, qui a reconnu avoir des liens avec cinq des six juges nommés au Nouveau-Brunswick entre 2018 et 2019.

« Chez les libéraux, on les nomme (les juges) à travers un innommable copinage dont Mme Lebouthillier elle-même, députée et ministre de Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine, se serait (…) rendue coupable », a affirmé le chef du Bloc québécois.

Le comité transpartisan que propose le Bloc aurait la responsabilité de rendre plus « étanche » le processus de nomination des juges – qui devrait s'appuyer « exclusivement » sur les compétences des candidats – afin de le rendre « transparent, rigoureux et exempt de toute intoxication partisane », a expliqué M. Blanchet.

Le Bloc québécois, qui avait fait front commun plus tôt cette année avec les conservateurs pour réclamer un processus plus impartial, a d'ores et déjà décidé que l'éthicien René Villemure, candidat dans Trois-Rivières, serait « délégué sur ce comité » s'il est élu.


Accusé depuis des mois par les partis d'opposition de favoriser les candidats qui ont fait des dons au Parti libéral, le gouvernement Trudeau a décidé en juin dernier de ne plus consulter la base de données qui lui permet de fouiller l'historique partisan des candidats aux postes de juge, avait appris Radio-Canada.

Yves-François Blanchet a rappelé lundi que cet outil, surnommé « Libéraliste », était une autre manifestation du « copinage » dont ont fait preuve les libéraux.

Dans la foulée des révélations sur Mme Lebouthillier, les conservateurs Pierre Paul-Hus et Michael Barrett ont écrit au commissaire à l'éthique, Mario Dion, afin qu'il ouvre une enquête sur la libérale ainsi que sur son collègue, David Lametti.

Le chef du Bloc – qui a rappelé qu'« on ne commande pas » une enquête au commissaire, qui est indépendant – souhaite plutôt s'en remettre aux Québécois.

« Les juges de la gestion des juges de la députée ministre Lebouthillier, ce sont les électeurs et électrices de Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine, qui auront l'occasion de sanctionner son comportement dans une semaine », est-il d'avis.

En tournée en Gaspésie pour une deuxième journée, dans cette dernière semaine de campagne qui s'annonce déterminante pour le scrutin du 20 septembre, le chef du Bloc québécois s'est présenté en compagnie du candidat Guy Bernatchez, qui espère ravir le siège de Mme Lebouthillier.

La libérale nie pour sa part avoir fait pression pour que Damien St-Onge, un associé de l'avocat et donateur de la campagne de Mme Lebouthillier en 2015, soit nommé à la Cour supérieure en mars 2019.