Me William Desrochers. Source: Site web du cabinet Virtulex avocats inc.
Me William Desrochers. Source: Site web du cabinet Virtulex avocats inc.
Un groupe de parents « Tous unis pour nos ados » demande à la Cour supérieure de déclarer un décret gouvernemental inapplicable pour les mineurs en milieu scolaire, parascolaire et sportif.

Me William Desrochers, du cabinet Virtulex avocats inc., représente une centaine de parents dans ce dossier.

Ils contestent le décret 1173-2021 adopté par le Gouvernement du Québec en septembre dernier. Ces règles limitent l’accès aux endroits publiques, et non publiques, aux personnes n'étant pas adéquatement vaccinées suite à l’implantation du passeport vaccinal.

Même si les jeunes de 13 à 17 ans sont l’exemption à la règle, ces règles sont toujours applicables pour les activités parascolaires.

« Les adolescents sont les grandes victimes de cette pandémie parce qu'ils ont fait des gros sacrifices pendant et après le confinement avec l’école à distance et le masque toute la journée. Maintenant, les non-vaccinés en payent le prix. On les exclut et on les traite d’anti-vax dans la cour d’école », explique l'avocat.

Les mineurs non-vaccinés ne peuvent pas participer à des activités sportives de groupe en dehors du programme scolaire régulier. Ainsi, ils ne peuvent pas participer aux entraînements, aux compétitions, aux ligues et aux tournois en dehors de l’école.

« Cette situation est très difficile pour les adolescents. Certains sont en détresse psychologique, perdent la motivation ou changent de comportement. Les parents s’inquiètent et ont peur qu’ils font des tentatives de suicide si ça dure trop longtemps », affirme Me Desrochers.

Cela inclut également les adolescents des programmes sports-études qui ne peuvent pas participer aux entraînements et compétitions après l’école, alors qu’ils côtoient leurs camarades de classe toute la semaine.

« Il est injuste, immoral et illégal de créer deux catégories d’enfants dans le milieu scolaire et sportif », est-il mentionné dans la demande.

Ce décret porterait atteinte à la liberté de conscience, à la liberté de religion, à la liberté de la personne, à la sécurité-sûreté et intégrité de la personne, à l’égalité, à la dignité et à la vie privée.

Pour l’avocat, cette forme de discrimination ne doit pas être utiliser dans la société car les familles auraient diverses raisons médicales, sociales ou religieuses à ne pas se faire vacciner.

« Les parents ont des bons motifs. Ce ne sont pas des complotistes, des anti-vax ou des imbéciles. Ils sont posés et réfléchis. Ils ont pris la décision de ne pas se faire vacciner et les adolescents ont suivi car on leur a inculqué des valeurs et qui sont ancrés en eux. C’est difficile de s’en détacher », précise Me Desrochers.

Conscient de la difficulté du dossier, il ne compte pas reculer devant le gouvernement.

« Dans ce dossier, on a l'avantage de sortir du cadre médicale et de questionner un plus large éventail d'experts comme des historiens, sociologues et psychologues pour s'intéresser à ce que vivent les jeunes sur le terrain. On ne peut pas les stigmatiser dans les écoles ou ailleurs alors qu’ils ne sont pas à risque », soutient-il.