Me Caroline Perrault et Me Vicky Laflamme. Sources: Sites web de Siskinds Desmeules Avocats, de Janssen et de Teva
Me Caroline Perrault et Me Vicky Laflamme. Sources: Sites web de Siskinds Desmeules Avocats, de Janssen et de Teva
La Cour supérieure autorise une action collective contre les firmes pharmaceutiques Janssen et Teva, pour des effets secondaires qu’aurait provoqués leur médicament Elmiron. Chaque membre du groupe pourrait prétendre à recevoir un montant de 500 000$.

La demanderesse, Éliza Gentiletti, dit avoir pris le médicament durant plus de treize années pour traiter une cystite interstitielle, ou inflammation de la vessie, de 2003 à 2016. Mais la patiente constate qu’elle subit des changements dans sa vision, comme la distorsion des lignes, une mauvaise perception des couleurs et de la difficulté avec la vision nocturne, peut-on lire dans le jugement du juge Philippe Cantin.

En décembre 2018, la demanderesse consulte un article de littérature médicale qui soulève un possible lien entre une pathologie maculaire et la prise d’Elmiron.

En juillet 2019, son médecin traitant diagnostique une maculopathie pigmentaire chez Mme Gentiletti. Un rétinologue confirme ensuite le diagnostic posé sur la demanderesse. Celle-ci est représentée devant la Cour supérieure par Me Caroline Perrault et Me Vicky Laflamme, de Siskinds Desmeules Avocats.

Les allégations de la demanderesse ne démontrent pas que Janssen et Teva ont manqué à leur devoir d’information relativement aux risques de maculopathie pigmentaire, rétorquent les firmes pharmaceutiques. Ce n’est qu’en 2018 que la possibilité d’un lien entre Elmiron et la maculopathie pigmentaire a été évoquée pour la première fois, pointent-elles.

Me Ariane Bisaillon et Me Robert Torralbo, de Blake, Cassels & Graydon, ainsi que par Me Jessica Harding et Me Éric Préfontaine, d’Osler, Hoskin & Harcourt.
Me Ariane Bisaillon et Me Robert Torralbo, de Blake, Cassels & Graydon, ainsi que par Me Jessica Harding et Me Éric Préfontaine, d’Osler, Hoskin & Harcourt.
Les essais appropriés ont été menés avant la mise en marché du médicament, argumentent Janssen et Teva, qui disent s’être conformées aux exigences de Santé Canada. Les défenderesses sont représentées par Me Ariane Bisaillon et Me Robert Torralbo, de Blake, Cassels & Graydon, ainsi que par Me Jessica Harding et Me Éric Préfontaine, d’Osler, Hoskin & Harcourt.

Le 23 septembre 2019, une mise en garde relativement à des cas de maculopathie pigmentaire est inscrite dans la monographie du médicament. L’année suivante, des mises en garde et la mention d’effets secondaires graves en lien avec la maculopathie pigmentaire sont ajoutées.

La demanderesse souhaitait que le groupe inclut toute personne résidant au Québec ayant pris Elmiron entre le 31 décembre 1993 et le 23 septembre 2019. Le juge Philippe Cantin l’a circonscrit aux personnes résidant au Québec ayant consommé le médicament à la période mentionnée et « qui a, par la suite, développé une maculopathie pigmentaire », précise le jugement.

Mme Gentiletti obtient le statut de représentante de ce groupe. Le tribunal autorise l’exercice de l’action collective sous la forme d’une demande introductive d’instance en dommages-intérêts.

L’action collective demande la condamnation solidaire de Janssen et de Teva à payer un montant de 500 000 $ pour chaque membre du groupe ayant utilisé Elmiron en compensation des préjudices corporels, moraux et/ou matériels subis à la suite de l’utilisation du médicament.