Les avocats Alexandre Brosseau-Wery, William Colish, Mélissa Des Groseilliers, Victor Chauvelot, David Sterns, Mohsen Seddigh et Michelle Logasov. Sources: Sites web de Kugler Kandestin LLP et de Sotos Class Actions, et LinkedIn
Les avocats Alexandre Brosseau-Wery, William Colish, Mélissa Des Groseilliers, Victor Chauvelot, David Sterns, Mohsen Seddigh et Michelle Logasov. Sources: Sites web de Kugler Kandestin LLP et de Sotos Class Actions, et LinkedIn
Mme Lucy Tookalook et Tanya Jones intentent une action collective devant la Cour supérieure contre les gouvernements du Québec et du Canada pour dénoncer le sous-financement illégal et discriminatoire des services de protection de la jeunesse et d'autres services au Nunavik.

Elles sont représentées par les avocats Alexandre Brosseau-Wery, William Colish et Mélissa Des Groseilliers, de Kugler Kandestin LLP, Me Louis-Nicholas Coupal et Me Victor Chauvelot, de Coupal Chauvelot, ainsi que David Sterns, Mohsen Seddigh et Michelle Logasov, de Sotos Class Actions.

« Selon le document, le Québec et le Canada ont violé des droits fondamentaux des membres du groupe, notamment leur droit à l'égalité, en négligeant d'offrir des services de protection de la jeunesse, des soins de santé et d'autres services sociaux essentiels d'un niveau comparable à ceux que reçoivent les autres enfants canadiens. Ces violations constitutionnelles ont pris deux formes », indique le communiqué de presse du 22 février dernier.

Les demandeurs allèguent que les deux « paliers de gouvernement sont conjointement responsables des services publics offerts au Nunavik depuis la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en 1975 ».

Déposé le 21 février dernier, ce recours vise « tous les enfants inuit du Nunavik qui ont fait partie du système de protection de l’enfance entre 1975 et aujourd’hui, qui ont eu besoin d’un service essentiel entre 1975 et aujourd’hui, mais qui ont été confrontés à un refus, un retard ou une lacune dans les services » ainsi que « les parents, ou les grands-parents gardiens, des enfants inuit susmentionnés ».

Les demanderesses sont deux survivantes du Directeur de la protection de la jeunesse au Nunavik. Elles demandent une indemnisation à titre de dommages et intérêts pour chaque membre et à être les représentantes du groupe.

« J'agis aujourd'hui parce que je veux rendre justice à mon peuple - mon peuple qui a été traité de façon inhumaine pendant des décennies. Je veux que les enfants inuit du Nunavik aient une chance d'être entendus par les tribunaux. Je veux que leur douleur et leur souffrance soient entendues, ressenties et réparées », a déclaré Mme Jones par voie de communiqué.
En déposant ce recours, elles souhaitent mettre un terme au traitement « illégal » et à la « discrimination » des services de protection de la jeunesse et d'autres services essentiels pour les enfants inuit.

« On m'a enlevé à ma mère à ma naissance et on m'a envoyé à des milliers de kilomètres de là, en tant que nouveau-né, dans un hôpital de Montréal. J'y suis restée sept mois, seule et sans soutien. J'ai ensuite été renvoyée au Nunavik dans un système qui m'a complètement abandonné, moi et les autres enfants inuit, dans l'indifférence la plus sombre et les abus les plus cruels. Je ne veux pas que la même chose arrive à mes enfants et aux prochaines générations d'Inuit au Québec », a souligné Mme Tookalook.

Elles disent aussi présenter cette demande dans le but de protéger les prochaines générations d’enfants pour « éviter qu'une nouvelle génération ne soit victime de traumatismes intergénérationnels causés par des décennies de sous-financement et de négligence de la part du Québec et du Canada ».