Eh bien, figurez-vous qu’en matière de robe, les chichis sont plutôt du côté des avocats que des avocates.

« Beaucoup d’hommes aiment être très bien habillés. C’est la même chose quand ils choisissent une robe. Ils n’hésitent pas à prendre notre plus beau tissu, une toge en laine », dit Alain Poupart, dirigeant de la maison de Confection de Lavoy. Les femmes, elles, explique-t-il, surtout, les petites vont demander à ce que la robe soit un peu plus courte pour allonger leur silhouette. « Ce que nous faisons volontiers! »

Voilà à peu près les seules entorses à la règle que la maison de Confection de Lavoy tolère. Pour le reste, vous repasserez.

"Il est arrivé que des avocats viennent nous voir avec des demandes particulières, ma réponse est simple :"je leur dis : revenez me voir avec un mot du juge en chef autorisant la fantaisie et je vous le fais, dit-il. La robe a une belle histoire, elle est un symbole d'humilité. Il faut le respecter et s'en rappeler."

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Si Alain Poupart est aussi strict, c'est qu'il défend les valeurs de l'entreprise fondée en 1980 par le père de sa conjointe, Lionel Lavoy, un couturier ayant racheté la maison M.A.Brodeur, dans laquelle il avait travaillé des années.

"Nos patrons sont centenaires. Nos robes ne changent pas. Les tissus eux évoluent", dit-il.

C'est la qualité des tissus qui détermine le prix de la toge : 399 $ pour une polylaine, 458 $ pour une pure laine froide et 658 pour une Super 160.

"On guide nos clients en fonction de l'usage qu’ils vont faire de leur robe. Un avocat en criminel ou en pénal va la porter tous les jours, il lui faut un tissu moins chaud, qui respire mieux. Une pure laine ou une Super 160", dit-il.

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Une fois le tissu choisi fait, l'avocat ou le juge passe encore entre les mains des couturières pour les ajustements, car toutes les robes sont faites, à partir de tissus en provenance d'Europe, sur mesure et fabriquées dans l'arrière-boutique de la maison. Quatre couturières y travaillent à temps plein, tout cela pour que vous soyez au mieux de votre paraître au Tribunal.

A propos, combien de robes font-elles par jour ? La réponse est tenue secrète. "Nous sommes dans un marché de niche. Nous parvenons à nous en tirer car nos produits sont de qualité et il y a peu de concurrents. C'est néanmoins un équilibre fragile, il n'y a pas la place sur le marché pour d'autres fabricants. Il y a beaucoup d'avocats mais peu portent la robe."

Alors, à quoi bon alors fabriquer des robes construites pour durer ... jusqu'à 25 ans ? Pas terrible comme plan d'affaires, non ? "Le jour où on abaissera notre qualité on sera fini. Imaginez, on livre des robes partout au Canada. Si les anglophones font appel à nous, croyez-moi, ce n'est pas pour nos beaux yeux !"


Le saviez-vous ?

A quoi différencie-t-on rapidement la robe d'un avocat de celle d'un greffier ?

Aux boutons sur les manches : celles des avocats en comporte neuf, celles des greffiers seulement trois.

Pourquoi les robes des juges ont-elles des fausses manches ?

C'est un symbole qui signifie que pour rendre la justice les juges doivent avoir le bras long.

Pourquoi le rouge est apparu sur la robe des juges ?

Le rouge a été adopté à l'origine par les juges fédéraux en signe de ralliement au Royaume d'Angleterre, en référence à la couleur portée par le roi Charles II

Que représente le rabat ?

Le livre de la connaissance humaine.


Je sais vous aviez toutes autres réponses en tête. Mais l'histoire de la toge, c'est un peu comme celle du Big bang, plusieurs théories s'affrontent…

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