Source: Radio-Canada
Source: Radio-Canada
La grogne se poursuit au Québec. Mécontents de l'issue du blitz de négociation entrepris la semaine dernière, les quelque 200 avocats de l’aide juridique affiliés à la CSN consultent leurs membres pour prolonger la grève.

Déjà, une vingtaine d’avocats du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ont adopté à l'unanimité un nouveau mandat de sept jours de grève à être exercés « incessamment ». D’autres votes devraient avoir lieu dans les régions de Montréal, de Laval, des Laurentides et de Lanaudière.

Les avocats de l’aide juridique appuient par ailleurs « sans réserve » leurs collègues de la défense, qui amorcent aujourd’hui la première de leurs 10 journées de débrayage.

Le Barreau avait aussi donné son soutien à l’Association québécoise des avocats et avocates de la défense (AQAAD) la semaine passée. La bâtonnière du Québec, Catherine Claveau, pressait alors le gouvernement à agir rapidement.

« Le statu quo n'est pas envisageable si l'on veut que les avocats de pratique privée puissent continuer à accepter de représenter les citoyens les plus vulnérables », déclarait-elle.

Reconnaissance et rémunération

Le dossier traîne depuis des années. Les avocats de l’aide juridique sont en effet sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2019. Le principal point d’achoppement : ils exigent sans succès la parité avec les procureurs de la Couronne, pourtant reconnue jusqu’ici.

Québec leur propose des augmentations de salaire de 6% sur trois ans, tandis que les procureurs aux poursuites criminelles et pénales ont obtenu 10 % sur quatre ans.

Ils affirment en outre que les conditions proposées auront un impact négatif sur le recrutement et la rétention.

Les avocats criminalistes, eux, réclament depuis 2019 une réforme en profondeur du système d’aide juridique. Ils sont notamment insatisfaits des tarifs consentis par le Conseil du trésor aux avocats en pratique privée acceptant des mandats provenant de l'aide juridique.

Même s’ils accueillent le Rapport sur la structure tarifaire de l’aide juridique plutôt favorablement, les avocats de la défense demandent au ministre de la Justice d’adopter rapidement un plan d’action et un échéancier concret pour implanter la réforme attendue depuis des lustres.

Tous ces moyens de pression affectent le système de justice, déjà malmené par la pénurie de main-d'œuvre et les délais qui s’allongent.