Élyse Ouellette a toujours voulu être avocate. Lorsqu’elle a donné naissance à son premier enfant, à l’âge de 16 ans, elle a dû revoir ses objectifs.

Déterminée à intégrer le milieu juridique, la jeune mère complète une technique juridique au collège l’Assomption de Repentigny.

Aujourd’hui âgée de 35 ans, la parajuriste n’a pas abandonné son rêve et poursuit ses études en droit à l’université de Montréal.

Le cheminement atypique de Mme Ouellette l’a menée de la technique juridique à un premier emploi comme parajuriste chez Réso Gestion Corporative, en 1997, puis dans un bureau de huissiers près de Trois-Rivières.

Elle a ensuite fait un séjour marquant à la Baie-James, où elle a œuvré en services-conseils auprès de promoteurs autochtones.

Revenue à Montréal en 2005, elle a retrouvé son métier de parajuriste, qu’elle exerce toujours chez Bergman et associés.

Même si elle poursuit son rêve de devenir avocate, Élyse Ouellette dit adorer son boulot.

« J’ai la chance de toucher à tout en droit civil, de l’immigration au droit du travail en passant par le droit commercial et les litiges. J’aime le fait que mon travail ne soit pas répétitif », assure-t-elle.

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Parajuriste, un métier de plus en plus reconnu

Pour Élyse Ouellette, la principale qualité d’une parajuriste est la minutie.

« Il faut adorer la procédure, faire très attention aux détails, savoir où aller chercher l’information et prendre la même vision qu’un avocat. Nous pouvons réaliser jusqu’à 70% du travail dans un dossier. Le 30% qui reste, c’est la stratégie et la plaidoierie, qui appartiennent aux avocats », indique-t-elle.

Elle pratique son métier depuis 10 ans.

Elle a constaté une évolution importante dans la considération accordée aux parajuristes.

« Quand je suis revenue de la Baie-James, les salaires avaient plus que doublé en cinq ans. Les avocats réalisent maintenant que le travail d’une bonne parajuriste leur sauve du temps et augmente leur rentabilité. D’ailleurs, quand je serai avocate, j’aurai l’avantage de savoir ce que je peux déléguer. Je serai en mesure de profiter pleinement d’un travail dont je connais la valeur. »

Un côté entrepreneur

Élyse Ouellette profite des opportunités qui se présentent à elle.

Invitée à se rendre à la Baie-James pour y rédiger des plans d’affaires et aider des entités autochtones à développer leurs projets, elle n’a pas hésité.

« J’avais une base en gestion et en droit corporatif et j’ai pu aider les promoteurs dans leurs démarches juridiques et dans leur organisation. Cette expérience a été vraiment enrichissante. Dans un petit milieu comme celui-là, les barrières tombent. J’ai rencontré plusieurs personnes très intéressantes auxquelles on n’a pas forcément accès dans une grande ville. »

De retour à Montréal, elle demeure à l’affût des opportunités, particulièrement celles que lui apportent la technologie et les réseaux sociaux. Elle a même tenté une percée comme pigiste en faisant son autopromotion dans un blogue et sur Twitter.

« Twitter et Facebook, j’y crois. Ce sont d’excellents moyens de se faire connaître. J’ai tenté cette expérience de travail autonome au printemps comme travail d’appoint. Ça s’avère un peu difficile, parce que les avocats hésitent à sortir les informations confidentielles de leur bureau et que beaucoup d’avocats font la même chose pour se replacer sur le marché du travail. Il faut simplement trouver un moyen de contourner ces difficultés », confie Élyse Ouellette, tenace.

Léguer un rêve

Pendant toute sa carrière, Élyse Ouellette a combiné travail à temps plein et études. Même dans le Grand Nord, elle suivait des cours par correspondance, tout en élevant deux filles, aujourd’hui âgées de 18 et 13 ans.

Son secret : de bonnes habitudes de travail, qu’elle souhaite léguer à ses enfants : « J’ai des méthodes de gestion du temps, mais ce qui fait que ça fonctionne, c’est que mes filles sont habituées à voir leur mère étudier. Le dimanche, nous allons toutes au café ou à la bibliothèque. D’ailleurs, les études font vraiment partie de leur vie. C’est un environnement positif. Ma plus jeune passe son temps à lire et elle dévore tout ce qui lui tombe sous la main. Je crois qu’elle est faite pour les études en droit. »

La jeune mère vient de terminer son certificat en droit à l’Université de Montréal.

Elle veut maintenant poursuivre son baccalauréat à temps partiel, avec la bénédiction de son employeur.

« Je pourrais très bien demeurer parajuriste, mais mon but est de devenir avocate. Même si je termine mon Barreau à 45 ans, je vais y parvenir », affirme Mme Ouellette d’un ton déterminé.