Me Alain Arsenault, Me Justin Wee, Me Virginie Dufresne-Lemire et Me Antoine Duranleau-Hendrickx. Sources: Site web du cabinet Arsenault Dufresne Wee Avocats et LinkedIn
Me Alain Arsenault, Me Justin Wee, Me Virginie Dufresne-Lemire et Me Antoine Duranleau-Hendrickx. Sources: Site web du cabinet Arsenault Dufresne Wee Avocats et LinkedIn
C’est le cabinet Arsenault Dufresne Wee Avocats qui a déposé cette demande qui survient après que le recours collectif ait été autorisé, en juin, par la juge Claudia P. Prémont de la Cour supérieure du Québec.

Les avocats du cabinet dans ce dossier sont Mes Alain Arsenault, Justin Wee, Virginie Dufresne-Lemire et Antoine Duranleau-Hendrickx.

À l’heure actuelle, 30 victimes ont soutenu avoir été agressées par 16 prêtres ou membres du personnel du diocèse. Certains, comme l’abbé Bernard St-Onge, auraient fait plus d’une victime.

Plusieurs plaignants témoignent de leur calvaire disant avoir été victimes de gestes à caractère sexuel. Des histoires à glacer le sang.

Des masturbations obligatoires, des fellations forcées et une tentative de pénétration anale.

L’animateur de radio à CHOIX Radio-X, le matin, Dominic Maurais est du nombre. Natif de la Mauricie, il dit avoir subi des attouchements sexuels de la part de l’abbé Bernard St-Onge. Il était l’aumônier du mouvement scout de la paroisse Saint-Charles Garnier de Shawinigan à la fin des années 1970. Maurais était alors un jeune scout.

Toujours dans le document judiciaire, l’abbé St-Onge aurait fait deux autres victimes. Un homme aujourd’hui dans la soixantaine prétend avoir été obligé de se masturber devant le curé qui lui aussi se masturbait en même temps, avant des fellations mutuelles. Il n’avait que 10 ans.

Le prêtre n’aurait pas qu’agressé des garçons. En effet, une femme raconte avoir été embrassée, touchée aux seins en plus d’avoir vu le prêtre prendre sa main de force pour la mettre sur son pénis en érection. Ces gestes se seraient passés à la fin des années 1970, la fille était âgée entre huit et neuf ans.

Logo du diocèse de Trois-Rivières. Source: Facebook
Logo du diocèse de Trois-Rivières. Source: Facebook
Un autre prêtre était encore plus demandant. L’abbé Bernardin Auger, qui était curé de la paroisse de Saint-Paulin dans les années 1970, aurait agressé une centaine de fois le même garçon qui venait à l’église pour être servant de messe. Devenu un homme, il se souvient aujourd’hui de sa jeunesse alors qu’il devait se laisser faire des fellations par l’abbé Auger. Il a aussi dû se soumettre à des séances de masturbation mutuelle.

Dans la même requête, il est question d’un autre prêtre, mais juste le prénom, l’abbé Trahan. Selon le témoignage d’un homme âgé aujourd’hui de 65 ans, l’abbé Trahan l’aurait agressé au moins trois fois au milieu des années 1960.

Il se souvient d’un matin où l’abbé Trahan a baissé son pantalon, lui a touché ses organes génitaux et lui a fait une fellation tout en se masturbant. Le prêtre prétextait alors vouloir vérifier la propreté du servant de messe. Il ajoute que l’abbé Trahan a ensuite éjaculé devant un miroir, disant qu’il devait « faire sortir le méchant ».

À La Tuque, le curé Gilles Poisson est également visé par des accusations. Ce dernier aurait agressé de sept à huit fois, un homme né en 1947, au presbytère de La Tuque entre 1960 et 1963. Pour obtenir des faveurs sexuels, l’abbé Poisson disait à l’enfant qu’il était «pris par le démon», et qu’il devait le rencontrer chaque semaine étant son directeur spirituel.

Le curé Poisson lui disait que le démon voulait s’emparer de lui et qu’il l’aiderait à être moins agité. C’est alors qu’il a commencé à toucher les pieds de l’adolescent pour ensuite l’embrasser dans le cou. Le curé aurait ensuite tenté de le pénétrer par en arrière, le jeune dit s’être défendu pour éviter de justesse la pénétration anale.

Une autre victime affirme avoir masturbé à deux reprises un autre prêtre, l’abbé Jocelyn Robichaud, qui était animateur de pastorale au Collège Laflèche au milieu vers les années 1980. L’abbé Robichaud l’aurait invité chez lui disant faire de la peinture tout comme la victime.

Dans le document, les avocats au dossier mentionnent que le diocèse était au fait des gestes posés et qu’aucune mesure à prévenir pour empêcher la récidive a été mise de l’avant. Les procureurs soutiennent également que les agressions sexuelles ont été commises dans un contexte d’abus d’autorité et de confiance.

Les avocats demandent donc à la Cour supérieure d’accueillir la requête collective et de condamner le diocèse de Trois-Rivières et l’évêque de Trois-Rivières à payer des dommages compensatoires et punitifs. Le montant des dommages n’a pas été dévoilé.

Notons que le diocèse de Trois-Rivières couvre presque totalement la Mauricie. Il s’agit d’un des plus anciens diocèses catholiques romains au Canada.