Après plus de huit heures de délibérations, réparties sur deux journées, les sept officiers militaires ont suggéré cette lourde peine sans rien savoir de l'accord qui était intervenu.

L'entente prévoit également que Khadr, maintenant âgé de 24 ans, devra passer une autre année derrière les barreaux, sous garde américaine, avant de pouvoir demander son rapatriement au Canada. Cette démarche devrait recevoir l'aval du gouvernement américain.

Une porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, n'a pas voulu s'avancer, cependant, sur les possibilités que le Canada donne suite à une éventuelle demande.

"Si Omar Khadr présente une requête, il sera traité comme n'importe quel autre Canadien qui demande un transfert, a indiqué Melissa Lantsman dans un courriel. La décision concernant un transfert potentiel sera effectuée en accord avec la loi actuelle. Aucune décision ne peut être prise avant que la demande ne soit reçue."

L'avocat de Khadr, Dennis Edney, a dénoncé le processus qui a vu le premier adolescent poursuivi pour crimes de guerre en six décennies.

"Le fait que le procès d'un enfant soldat, Omar Khadr, se soit terminé avec un plaidoyer de culpabilité en échange d'une éventuelle libération vers le Canada ne change rien au fait que les principes fondamentaux de la loi et l'application régulière de celle-ci ont été abandonnés depuis longtemps dans le cas d'Omar", a dit M. Edney.

"En échange d'un rapatriement, Omar a dû signer une admission des faits qui dressait, de façon frappante, un faux portrait de lui."

La sentence du jury a été bien plus sévère que les 25 années demandées par la poursuite, à ajouter aux huit ans que Khadr a déjà dû passer sous verrous.

Après qu'ils eurent annoncé la peine, le juge, le colonel Patrick Parrish, a remercié les officiers, les a libérés, puis a imposé la peine de huit ans prévue avant le procès.

Avant de rendre sa décision, le groupe a demandé au juge de faire rejouer le témoignage d'un témoin de la défense qui parlait du potentiel de "réhabilitation" de Khadr.

Le groupe a délibéré plus longtemps que tout autre jury d'une commission militaire.

Selon les règles, au moins six des sept jurés devaient s'entendre sur la peine à imposer.

"Vous pouvez en être sûrs; le monde entier vous surveille", avait lancé le procureur de la poursuite, Me Jeff Groharing, samedi matin.

"La peine que vous imposerez enverra un message."

De son côté, l'avocat de la défense avait insisté sur le fait que Khadr n'avait que 15 ans lorsqu'il a commis ses crimes.

Celui-ci a plaidé coupable à cinq accusations de crimes de guerre, dont le meurtre du sergent de première classe Chris Speer, après un échange de coups de feu en Afghanistan, en juillet 2002.