«Il s'agit d'un réinvestissement, il ne devrait pas y avoir de problèmes», dit, confiant, l'avocat associé au cabinet McMillan, à Montréal.

Me Pelland, 40 ans, est un pro du financement d'entreprises, un domaine important du droit des affaires. Il conseille autant des émetteurs pour du financement public que des PME, en financement privé, de même que des firmes de courtage et des sociétés de capital de démarrage, et ce, dans divers secteurs.

Pour eux, il négocie les meilleures ententes, conçoit et prépare toutes sortes de contrats, dépose des documents juridiques auprès des organismes de réglementation.

Si Jean-François Pelland a autant de travail, c'est grâce à son réseau dan le capital-investissement
Si Jean-François Pelland a autant de travail, c'est grâce à son réseau dan le capital-investissement
Mais Jean-François Pelland l'admet d'emblée, il n'aurait pas autant de boulot s'il ne s'était pas bâti, au fil des ans, un réseau de relations dans le domaine du capital-investissement. Vrai, à Montréal, le milieu est relativement petit. N'empêche, la concurrence est féroce parmi les avocats.

C'est pourquoi il est membre depuis de nombreuses années de Réseau Capital, une association qui regroupe tous les intervenants du domaine du capital-risque œuvrant au Québec. «Pour les avocats, c'est un réseau utile et essentiel», dit Me Pelland.

Un réseau et des avocats

Il n'est pas le seul avocat à le penser. Un simple coup d’œil sur le site suffit pour remarquer qu'il y en a beaucoup et de plusieurs cabinets. En fait, sur les quelque 90 membres corporatifs de l'association, plus du tiers (33) sont des cabinets d'avocats! Ils y ont envoyé leurs délégués qui siègent sur le conseil d'administration ou sur divers comités. Même le président du conseil du réseau, Shahir Guindi, de la firme nationale Osler Hoskin&Harcourt, est avocat!

Il est vrai que pour les avocats qui font du financement, Réseau Capital est très pratique. Il permet de partager de l'information avec des collègues, d'optimiser les pratiques d'affaires, d'élargir son réseau de contacts, autant auprès des sociétés à la recherche de fonds que d'investisseurs aux proches profondes.

«En rencontrant des investisseurs et en ayant l'occasion de leur parler, ça nous permet de mieux comprendre le genre de deals qui les intéressent», explique Jean-François Pelland.

Truc intéressant pour un avocat: avoir l'occasion de représenter à la fois des investisseurs et des entreprises. Pas sur la même transaction, bien évidemment. Avec les années, et quand on gravite dans le milieu, ça finit par arriver.

«Ça nous permet de voir les deux côtés de la médaille», dit Jean-François Pelland, qui a conclu plusieurs ententes d'un côté ou de l'autre. L'avantage, dit-il, quand on a cette expérience, est que l'on est capable d'aller plus vite. «Quand on connait les attentes, on évite les erreurs.»

Des statistiques qui aident

Grâce aux données compilées par l'association, les membres ont accès à toutes sortes de statistiques utiles, notamment sur le nombre de transactions par trimestre et par secteur d'activité et la valeur de celles-ci. Cela permet, explique Me Pelland, de mieux entrevoir les tendances et la direction du marché.

«On peut ainsi cogner aux bonnes portes plus rapidement et mieux cibler nos interventions», dit-il. En financement, la vitesse d'exécution est importante, souvent parce que les entreprises ont besoin de fonds, mais aussi parce que les avocats à taux horaires coûtent cher.

Un exemple probant est celui du secteur des biotechnologies. Avec les statistiques fournies par Réseau Capital, on remarque qu'il y a 10 ans, ce secteur était à la mode; beaucoup d'argent y était investi. Puis, il a été abandonné par les investisseurs, sans doute échaudés par de mauvaises transactions.

«Aujourd'hui, dit Me Pelland, les investisseurs recommencent tranquillement à s'y intéresser.»