Malgré son jeune âge, plaisante Mathieu Gauvin, son arrivée chez RSM Richter dans le groupe de services transactionnels ne date que d’il y a six ans.

Pendant 20 ans, et après un rapide passage chez le prédécesseur de KPMG au début des années 80, il travaille dans un fonds d’acquisition d’entreprises, chez Schroders & Associés Canada.

Il y gère alors de l’argent et des fonds institutionnels. Les banques et les compagnies d’assurances, elles, confient de l’argent au groupe dans le but de développer et de revendre des entreprises privées à profit. Ensuite, il rejoint RSM Richter.

« En 2006, l’aspect entrepreneurial de RSM Richter m’a séduit, la firme dessert les clients de moyenne envergure, des PME, un profil de clientèle semblable à celle de Schroders & Associés Canada. Leur façon d’opérer m’a attiré : la philosophie de la firme est en lien avec la clientèle. »

Mathieu Gauvin représente des clients qui veulent vendre leur entreprise.

Il les aide à gérer le processus complet de vente en déterminant plusieurs éléments : quels sont les objectifs recherchés lors de la transaction ? A qui veulent-ils la vendre ?

Mathieu Gauvin représente cuex qui veulent vendre leur entreprise
Mathieu Gauvin représente cuex qui veulent vendre leur entreprise
Ensuite, c’est simple : il prépare la documentation à présenter à un acheteur éventuel, dresse une liste des acheteurs qu’il est éventuellement possible d’approcher, négocie la transaction jusqu’à sa conclusion.

« En ce moment nous travaillons sur un mandat qui concerne la Gare d’autocars de Montréal détenue par la Société Immobilière du Québec, cette entreprise est à vendre et nous avons été mandaté pour le faire. »

Champagne !

Pour ce mandat, le comptable collabore avec les avocats à l’interne de la Société immobilière du Québec, même si cette dernière mandatera une firme d’avocats pour la suite du processus.

La semaine dernière, Mathieu Gauvin collaborait avec le cabinet Davies qui était alors avocat de l’un de ses clients. Une belle transaction, qui s’est soldée par une célébration.

« Le champagne s’ouvre, tout le monde est heureux, c’est cela qui me passionne ; arriver avec des résultats concrets qui rencontrent les objectifs des diverses parties »

Les avocats, eux, entrent en jeu à différents niveaux. Ils interviennent lorsqu’il y a un acheteur d’identifié et une lettre d’intention rédigée qui dresse les grandes lignes de la transaction, et à la fin du processus, une fois que la vérification diligente est complète et qu’il faut rédiger des contrats : ententes (contrat d’achat), clauses de non concurrence, contrats d’actionnaires, ou contrats d’emploi.

« Il y a toujours deux bureaux d’avocats présents dans les transactions, un pour le vendeur, l’autre pour l’acheteur, dit-il. À la fin, c’est l’avocat qui prend le bâton. »

Des transactions plus complexes

En 25 ans de pratique, il a eu l’occasion de voir les transactions et le marché évoluer.

« La complexité des transactions, leur durée, ainsi que le processus de vérification diligente ont évolué, dit-il, les choses deviennent de plus en plus complexes. »

Ce qu’il faisait en à peine trois mois, il y a six ou sept ans, lui prend aujourd’hui trois fois plus de temps.

« La mise en place du financement, surtout avec ce que l’on a vécu en 2008, pose plus de problèmes. Les banques vont faire plus de travail avant de prêter ; les délais de façon générale ont beaucoup augmenté. »

Du coup, il faut travailler plus fort et plus longtemps pour les mêmes résultats. Ce qui ne l'effraie, ayant lui-même vécu le processus en tant qu’investisseur.

« La transaction n’est pas un point d’arrivée, c’est un point de départ. C’est toute une philosophie. Certains vont faire une transaction puis après ça, ils s’en lavent les mains et s’en vont, personnellement j’ai à cœur le succès de l’entreprise, ce qui dicte la façon de se comporter durant le processus. »

Un processus qui est, selon lui, plus équilibré, plus ouvert, où l’information est partagée de part et d’autre, autant pour l’acheteur que le vendeur.

« C’est une question de confiance en bout de ligne, ajoute-t-il. L’acheteur s’embarque dans une belle histoire, une belle situation. »

Un marché moins porteur

Les défis majeurs de son métier sont bien sûr les soubresauts de l’économie.

« Les cycles économiques sont des imprévus, des époques charnières qui affectent les transactions, et la récession affecte le volume d’activité. Bien sûr lorsque l’économie est en croissance, les entreprises sont plus portées à faire des acquisitions ».

En récession, cela peut être favorable, nuance-t-il, car les entreprises doivent vendre des divisions ou certaines opérations pour générer des liquidités.

« Depuis quelques années, le marché de l’économie étant ce qu’il est, c’est plus difficile, il y a moins de raisons pour des entrepreneurs ou entreprises de faire des acquisitions. Le marché est moins porteur ».

« Cela fait environ 25 ans que je fais des transactions et que j’entends parler des baby-boomers, d’une vague de fusions et d’acquisitions, etc. Je crois que je vais en entendre parler encore pour les 25 prochaines années ! », plaisante-t-il.

Selon lui, on voit toutes sortes de statistiques telles des annonces de 5000 à 15 000 transferts d’entreprises, mais la réalité n’a rien à voir.

« C’est sûr que les gens vieillissent mais on dirait qu’il y a toujours un moyen de faire un transfert à l’interne ou d’utiliser l’équipe de gestion. Il y a des compagnies qui se vendent mais il faut faire attention aux statistiques : il n’y a pas de tsunami de ventes d’entreprises en vue. »

Difficile de prévoir donc ce que réserve le futur côté F&A même si selon lui, le marché pourrait devenir plus actif en raison du vieillissement de la population.

« C’est l’accès aux financements et la force de l’économie qui vont faire en sorte que le nombre de transactions va augmenter ».