Rappelons-le, FMC fusionnera avec l'américano-britannique SNR Denton et l'européenne Salans, donnant naissance à un regroupement appelé Dentons. L'annonce officielle est prévue mardi prochain.

À première vue, c'est un grand coup pour FMC qui se joint à un groupe juridique qui comptera désormais 2500 avocats et qui se hissera parmi les 10 plus grands au monde, en termes de nombre d'avocats.

Il y a de fortes chances pour qu'Elliott Portnoy dirige le nouveau groupe
Il y a de fortes chances pour qu'Elliott Portnoy dirige le nouveau groupe
Mais à vrai dire, ce n'est pas vraiment une surprise. Depuis la fusion d'Ogilvy Renault avec Norton Rose, il y a près de deux ans, à peu près tous les grands cabinets canadiens, ou presque, cogitent sur leur avenir.

Que FMC soit l'un des premiers à faire un "move" est dans l'ordre des choses. Son nom circulait depuis plusieurs mois comme étant une cible potentielle pour un grand groupe international, notamment DLA Piper, dont le PDG n'a jamais caché son intérêt pour le Canada.

Le cabinet tirait aussi un peu de la patte localement, particulièrement à Montréal et Toronto, où il n'obtenait pas sa quotepart attendue dans les grandes transactions, de plus en plus internationales. Il fallait donc bouger, et le cabinet a fait le calcul qu'il était préférable de se joindre à un grand groupe plutôt que de miser sur les traditionnelles références des grands cabinets internationaux, comme Stikeman ou Blakes savent si bien le faire.

Pour la plupart des observateurs - et concurrents - interrogés par Droit-inc, ce qui étonne dans la nouvelle d'hier reste moins la fusion que le choix des partenaires, SNR Denton et Salans.

Salans ? Jamais entendu parler, me dit le patron d'un cabinet concurrent. Denton ? Oui, on les connait un peu, mais ils ne sont jamais sur les meilleures transactions, me mentionne un autre associé-directeur.

Pas des "Top tier"

Il est vrai que ces deux cabinets ne font pas partie des "Top tier", comme on dit dans le jargon du milieu. Un simple coup d'œil sur les classements de Chambers and Partners nous montre qu'autant Salans que SNR Denton se positionnent dans beaucoup de domaines et régions géographiques dans les catégories 2, 3 et 4 (1 étant le meilleur, 6 le pire), loin derrière les meilleurs. FMC obtient sensiblement les mêmes notes.

En termes de rentabilité, les chiffres disponibles indiquent que chez SNR Denton, les profits par associé s'élèvent à 700 000$ US par année, selon le 2012 Global 100 d'American Lawyer. Des chiffres intéressants, selon les standards canadiens, mais qui, sur le plan mondial, confèrent à la firme le 98ème rang… sur 100.

Cela n'a bien sûr aucune importance puisque la fusion annoncée n'implique pas pour le moment de partage des profits. Mais c'est dans les plans à plus ou moins long terme, ce qui implique qu'un ou deux des trois partenaires devra s'ajuster pour hausser son "leverage".

Il y aura donc sûrement quelques associés disponibles sur le marché dans les prochaines mois. Avis aux recruteurs juridiques…