Stages en droit : les salaires augmentent moins vite
Les stagiaires en droit gagnent toujours plus, mais la croissance de leur rémunération tend à ralentir. Que se passe-t-il?
Après avoir bondi à la sortie de la pandémie, la rémunération des stagiaires connaît une croissance plus modérée.
La rémunération moyenne des stagiaires en droit a connu une augmentation de 5,9 % en 2025.
En excluant les stages non rémunérés, le salaire hebdomadaire moyen s'élevait à 1 158,38 $ l’an passé, selon des données de l’École du Barreau.
Certes, ce montant est quasiment le double de celui pratiqué il y a dix ans, quand un stagiaire touchait en moyenne 678,88 $ par semaine.
Mais le rythme de croissance tend à ralentir comparativement aux années précédentes. Avec une croissance de moins de 6 % en 2025, les rémunérations des stagiaires progressent nettement moins que les hausses de 11,3 % en 2022, de 8,1 % 2023 et de 8,3 % 2024.
La croissance observée en 2025 se rapproche plus de celles pratiquées de 2018 à 2021 (entre 6 et 8 %) à l'exception de l'année 2020 (2,7 %)... comme si le rythme suivait l’évolution de l’inflation canadienne qui a accéléré en 2022 avant de revenir progressivement à son niveau d’avant la pandémie.
« Il est difficile pour l’École du Barreau d’identifier de façon précise les causes qui expliqueraient cette évolution », commente Martine Meilleur, conseillère en relations publiques au Barreau du Québec.
Des stages plus précoces
La hausse globale des rémunérations au cours des dernières années s'accompagne d'une diminution constante depuis dix ans du délai moyen pour débuter le stage. « Considérées ensemble, ces données peuvent témoigner d’une offre de stages qui demeure soutenue, surtout du côté de la pratique privée, ce qui aurait dès lors une incidence sur la rémunération », observe Mme Meilleur.
En effet, alors qu'en moyenne, les stagiaires attendaient plus de cinq mois avant de commencer leur stage en 2016, ce délai s’est progressivement réduit pour atteindre 31 jours en 2025, selon des données préliminaires.
De manière encore plus remarquable, plus de la moitié des candidats (53 %) débutent leur stage le jour même de leur admission au stage, alors qu'ils n'étaient que 14 % il y a 10 ans, ce qui est le signe d’un empressement de la part des milieux de stage.
« Cette réalité fait aussi écho à un besoin accru de relève dans certaines régions », souligne Martine Meilleur.
Aussi, depuis une résolution du conseil d'administration du Barreau du Québec en mai 2018, l’École du Barreau n’affiche aucune offre de stage sur son site Internet dont la rémunération est moindre que le salaire minimum.

Vers la fin des stages non rémunérés?
Par ailleurs, les stages non rémunérés sont devenus une rareté. En 2025, seuls quatre stages n'ont pas été rémunérés, soit 0,4 % du nombre total de stages.
Or, il y a dix ans, l'École du barreau relevait que 92 stages, soit 8,7 % du total, n'avaient pas donné lieu à une rémunération.
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Maitre
il y a 16 minutesVous êtes chanceux en $%%/$. On crevait de faim il y a 10 ans.