Une entreprise menacée de poursuite par les avocats des Spice Girls!
Radio Canada
2026-03-05 12:00:50

Âgée de 22 ans, Lily Bond vend ses mélanges d’épices personnalisés depuis l’âge de 13 ans. Le nom de son entreprise? Spyce Girlz Seasoning. Elle devra toutefois le changer après que les avocats des Spice Girls eurent menacé de la poursuivre en justice.
La résidente d’Ottawa était sur le point d’étendre ses activités à l’échelle nationale quand elle a reçu une lettre de Smart & Biggar, le cabinet d'avocats représentant le groupe pop britannique au Canada, la menaçant de poursuites judiciaires pour contrefaçon de marque de commerce. Dans leur lettre, les avocats expliquent que cela risque d’amener le consommateur canadien moyen à croire à tort que vos produits sont, d’une manière ou d’une autre, associés à nos clients.
Contactés par CBC, le cabinet Smart & Biggar et un représentant des Spice Girls n’ont pas répondu à la requête médiatique.
Lily Bond a expliqué avoir commencé à vendre des mélanges d’épices il y a neuf ans. « J’ai été élevée par une mère célibataire et nous avions peu d’argent quand j’étais enfant. J’essayais d’acheter un ordinateur parce que j’allais entrer à l’école secondaire », se souvient-elle.

Elle ne s’imaginait pas qu’elle se retrouverait en conflit avec les avocats canadiens du groupe fondé à Londres en 1994. Elle a dit avoir modifié l’orthographe, par souci de sécurité, baptisant son entreprise Spyce Girlz Seasoning.
Lily Bond a déposé, en 2022, une demande de marque de commerce au Canada, qui a été approuvée le 12 octobre 2023. Mais le 8 mars 2024, Smart & Biggar a contesté la marque de Mme Bond auprès de l'Office de la propriété intellectuelle du Canada. Sur son site web, Smart & Biggar se décrit comme le cabinet juridique le mieux classé du Canada en ce qui concerne le droit de la propriété intellectuelle. Mme Bond a dit ne pas en vouloir aux vraies Spice Girls, Victoria Beckham, Melanie Chisholm, Melanie Brown, Geri Halliwell et Emma Bunton. L’entrepreneure aime penser qu’elles n’ont rien à voir avec les menaces de poursuites judiciaires.
« De ce que je sais, leur marque est axée sur l’émancipation des femmes et le pouvoir des femmes. Je ne pense pas qu’elles essaieraient de me faire tomber ».
Pourquoi elle a décidé d’abandonner la lutte
Au départ, Lily Bond a dit avoir essayé de se défendre. Elle a intenté une procédure en vertu de l’article 45, obligeant le groupe à défendre sa marque au Canada.

« Cela m'a pris environ un an à essayer de me défendre seule. Je n'avais pas les moyens de payer un avocat, car les frais juridiques s'accumulent rapidement. Et tout l'argent que je gagne, je le réinvestis dans la production, les ventes et le marketing », a-t-elle expliqué. En fin de compte, elle a conclu que la bataille s’avérait intenable, d’autant plus qu’elle essayait de développer son entreprise.
« On doit donc changer de nom afin de pouvoir aller de l’avant ». Elle a du même souffle annoncé qu’elle dévoilera son nouveau nom et sa nouvelle image de marque dans les prochains mois.
Elle s’inquiète des répercussions sur son entreprise, mais elle se dit encouragée par le soutien des Canadiens depuis la médiatisation de son histoire au début de la semaine. « Nous recevons des commandes de partout. De Terre-Neuve jusqu’en Colombie-Britannique. C’est incroyable de voir tant de soutien pour une petite entreprise », a-t-elle reconnu.
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