Portrait

Dans la peau d'un jeune associé criminaliste

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Agnès Rossignol

2015-02-09 15:00:00

Passionné de criminologie, ce jeune avocat de 32 ans est aujourd'hui associé d'un cabinet spécialisé en droit criminel et pénal. Il nous parle de son parcours et de sa pratique…

Me Mathieu Corbo est associé d'un cabinet spécialisé en droit criminel et pénal
Me Mathieu Corbo est associé d'un cabinet spécialisé en droit criminel et pénal
Il n’y a pas que dans les grands bureaux où le début d’année est synonyme de nominations. Bien loin de l’univers des cabinets installés à la Place Ville Marie et alentours, Me Mathieu Corbo, 32 ans, peut désormais ajouter la mention « associé » sur sa carte d’affaires.

Depuis le 1er janvier 2015, il est le plus jeune des six associés du cabinet Shadley Battista Costom (SBC), spécialisé en droit criminel et pénal. L’avocat confie avoir accepté aussitôt la proposition de ses confrères soumise il y a six mois. « Nous sommes une grande famille et travaillons en collégialité dans les dossiers », dit-il à Droit-inc.

Admis au Barreau du Québec en décembre 2009, il a d’abord épaulé la criminaliste Me Danièle Roy dans un procès pour meurtre puis a intégré SBC en juin 2010. « Je connaissais le cabinet de réputation ; c’était une belle place pour apprendre » indique celui qui intervient notamment en matière de violences conjugales, possession ou trafic de stupéfiants et conduite avec facultés affaiblies.

Avant d’entreprendre des études en droit, ce passionné de l'univers policier a complété une mineure en psychologie et criminologie ainsi qu’un certificat en criminologie à l'Université de Montréal (UdeM). « J'aime travailler avec l'être humain et j'étais intéressé à expliquer comment un individu arrive à passer à l'acte. »

Pendant ces études, Me Corbo se rendait régulièrement au Palais de justice pour assister aux audiences ; c’est ce qui lui a donné l’envie d'être un avocat de litige. Il a aussi participé à plusieurs concours de plaidoirie dont la coupe Guy-Guérin durant son baccalauréat en droit à l'UdeM.

« Il faut se déplacer à la cour pour voir son fonctionnement au quotidien et s'imprégner des différents styles de plaideurs. Le métier ne s'apprend pas à l'école, d'où l'intérêt de s'entourer d’avocats d’expérience. » Pour sa part, il indique avoir eu la chance de travailler avec Me Roy et Me Claude Olivier au sein du cabinet Pariseau Olivier pendant son stage du Barreau.

Si Me Corbo se dit très heureux dans sa pratique, il avoue qu’elle occupe une grande partie de sa vie et qu’il est parfois difficile de décrocher. L’avocat est disponible 24 heures sur 24 pour ses clients et il garde constamment une enregistreuse dans sa voiture et un bloc-notes sur sa table de chevet, prêt à noter une idée pour un dossier. Libre de son horaire, il indique réussir malgré tout à maintenir l’équilibre entre sa vie professionnelle et familiale.

Une clientèle de premiers délinquants

Quand on pratique en droit criminel, la question du développement de la clientèle pose des problématiques spécifiques et jouer sur la fidélisation n’est pas une option. Le cabinet a donc choisi de s’orienter vers les primo-délinquants et représente aussi, bien sûr, ceux qui sont aux prises pour une nouvelle fois, avec des démêlés judiciaires.

Pour trouver de nouveaux clients, Me Corbo compte notamment sur le bouche à oreille : ses clients principalement âgés entre 20 et 30 ans, lui sont référés par des confrères d’autres champs de pratique, des amis ou la famille. « Ils sont plus nerveux que ceux qui sont déjà passés en cour, confie-t-il. Ils ont besoin d’être rassurés et appellent souvent pour lever les inquiétudes sur le coût et la peine encourue ».

En plus du travail de vulgarisation nécessaire pour s’assurer de la bonne compréhension des enjeux et de la procédure par le client, l’avocat criminaliste doit rester à l'écoute de ses besoins et ne pas le juger pour bien le représenter, souligne-t-il. Il relève aussi l’importance d’entretenir de bonnes relations avec les confrères de la Couronne car dans le cas contraire, « c'est le client qui en pâtit ».

Créativité, adaptation et persévérance sont pour lui des qualités essentielles. « Il faut savoir s'adapter à la situation du client et réagir rapidement aux imprévus, oser foncer et ne pas avoir peur d’innover pour trouver les moyens d'arriver à une solution pour le client », conclut-il.
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