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Propriété intellectuelle : une pratique du droit fascinante

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Sophie Ginoux

2022-10-27 15:00:00

Chaque pratique du droit a son utilité et ses attraits, mais voici les raisons pour lesquelles une avocate de la relève a choisi la propriété intellectuelle… qu’elle combine en prime avec du litige !

Denise Felsztyna. Source: Smart & Biggar
Denise Felsztyna. Source: Smart & Biggar
Denise Felsztyna est entrée dans le droit comme on entre en mission. Cette jeune femme originaire d’Argentine est arrivée au Québec à l’âge de sept ans, avec déjà plusieurs atouts dans son bagage d’immigrante.

« Mes deux parents étaient des francophiles convaincus ; ma mère l’enseignait d’ailleurs en Argentine. Et en prime, mon père était avocat sur place. Je me suis donc intégrée facilement au système québécois et aimais déjà argumenter, présenter mon point de vue », raconte l’avocate, qui pratique chez Smart & Biggar à Montréal.

Au cours d’une première portion d’études en comptabilité à l’école de commerce du Cégep Dawson, Denise Felsztyna a constaté que les cours qui l’intéressaient le plus étaient ceux qui lui demandaient de faire preuve d’esprit critique, et non de talent en mathématique. Mais c’est en s’impliquant bénévolement au sein d’une clinique juridique (Projet Genèse) que le déclic s’est réellement fait.

« J’ai toujours détesté l’injustice, sans doute en raison de mon passé d’immigrante et de ma personnalité, dit-elle. Alors, en choisissant le droit, j’avais le sentiment que je me rendrais utile, que je pourrais aider des personnes vulnérables. »

Coup de cœur pour la propriété intellectuelle

Armée de beaucoup de bonne volonté et d’une capacité de travail déjà au-dessus de la moyenne, Denise Felsztyna a fait partie de la plus jeune cohorte d’étudiants (20 Cégépiens sur 180 élèves) à intégrer les rangs de l’Université McGill en droit.

« Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait là-bas, avoue-t-elle. Lorsque je suis arrivée le premier jour en cours avec du papier et des crayons, j’ai vu que la presque totalité des élèves avaient fait un bac avant et utilisaient directement un ordinateur ! Cette situation m’a poussée à travailler encore plus fort pour me démarquer. »

Et l’étudiante n’a pas mâché ses efforts. Dès la deuxième année, elle a trouvé un lieu de stage à la hauteur de ses ambitions, le cabinet Norton Rose Fulbright. Elle y a passé trois étés bien occupés à tester tous les champs de pratique, du litige au droit transactionnel. Toutefois, c’est la propriété intellectuelle qui l’a le plus séduite.

« J’étais encore jeune, mais j’ai rapidement senti que je choisirais cette spécialité. J’aimais évoluer dans cet univers fait d’inventions et d’idées de toutes sortes à protéger. Produits pour bébés, innovations en construction, nouveautés pharmaceutiques… Le quotidien d’un avocat en propriété intellectuelle est varié, créatif et stimulant. J’adore ça ! »

Une double pratique porteuse

Diplômée de l’université McGill avec BCL/LLB, la désormais Me Denise Felsztyna s’est jointe au cabinet Smart & Biggar en février 2020 parce que ce cabinet représente pour elle la meilleure référence en propriété intellectuelle au Canada.

« C’est simple, toutes les décisions légales récentes en la matière viennent de là ! » s’exclame-t-elle.

L’avocate n’a pas perdu de temps depuis son entrée dans l’arène professionnelle. Engagée à l’origine pour s’occuper de litiges en droit d’auteur, elle a rapidement vu son portefeuille de responsabilités gonfler. Si bien qu’aujourd’hui, elle cumule deux spécialités différentes en propriété intellectuelle, le litige et le conseil.

« Ces deux pratiques semblent très distinctes à première vue, mais elles s’imbriquent plus qu’on ne le pense », explique Me Felsztyna.

La propriété intellectuelle est en effet indissociable du litige. Qu’il s’agisse de droit d'auteur (œuvres littéraires et artistiques, logiciels, etc.) ou de propriété industrielle (marques de commerce, brevets, design, appellations d’origine, etc.), elle nécessite souvent l’intervention d’avocats pour régler des conflits, comme des contrefaçons ou des violations de droits d’auteur. Même si peu de causes en propriété intellectuelle se rendent jusqu’en cour, car ce processus est long (au moins trois ans) et coûteux, le travail préparatoire d’analyse, de rédaction de rapports et de coaching des témoins passionne Me Felsztyna.

« C’est très formateur, confirme-t-elle, car cela me permet de réaliser un travail d’investigation et de stratégie en équipe, en plus de comprendre la jurisprudence associée à chaque cas de figure. Tout cela, y compris le fait de plaider en cour, m’outille en plus pour répondre rapidement et efficacement aux demandes qui me sont adressées en conseil. »

Ce second volet des activités de l’avocate repose sur des actions concrètes qui doivent souvent être menées dans l’urgence.

« Il faut trouver des solutions rapides à des problèmes pratiques, comme débloquer un container coincé en Chine pour un souci de marque de commerce, ou encore faire fonctionner un logiciel préalablement créé par un travailleur autonome sans contrat écrit. » Me Felsztyna conseille parallèlement des entreprises qui souhaitent s’enregistrer adéquatement et se développer dans divers pays.

Le quotidien de l’avocate ressemble donc à un sport cérébral fait de sprints et de marathons. Mais ce n’est vraiment pas pour lui déplaire.

« Je suis quelqu’un qui s’adapte rapidement depuis que je suis toute petite, et je suis de nature compétitive et organisée. Alors, je compte bien faire ma marque dans le domaine de la propriété intellectuelle, tout autant qu’aider le plus de personnes et de compagnies possibles dont il faut protéger et soutenir les projets » dit-elle.

On la croit sans l’ombre d’un doute !
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