Le juge en colère a maintenant un nom
On connaît enfin l’identité du magistrat visé par une enquête déontologique pour avoir crié après un avocat…
L’identité du juge de la Cour du Québec qui fait l’objet d’une enquête du Conseil de la magistrature pour avoir perdu patience à l’endroit d’un avocat est maintenant connue.

Il s’agit du juge Eric MacDonald, de la Chambre criminelle et pénale à Gatineau.
Son identité a été divulguée après que Droit-inc eut communiqué avec le Conseil de la magistrature, qui doit rendre publics les noms des juges visés par une enquête lorsqu’une première audience a eu lieu. Dans le cas du juge MacDonald, cette audience, une conférence de gestion, a été tenue à la mi-décembre.
Comme nous le rapportions en octobre, le Conseil de la magistrature a décidé d’enquêter sur la conduite de ce juge à la suite d’une plainte déposée par un avocat, dont l’identité vient aussi d’être rendue publique. Il s’agit de Me Louis-André Hubert, avocat à Maniwaki, et élu maire de Maniwaki en novembre dernier.
Me Hubert reproche au juge de l'avoir « invectivé de manière irrespectueuse, sans raison réelle » et de lui avoir « crié des ordres à tue-tête » lors d'une audience.
L’incident, capté par l’enregistrement de l’audience, s’était produit alors que le juge MacDonald gérait un dossier où la victime était absente. Exaspéré par ce qu’il considérait comme un manque de discipline chronique des procureurs du district, le ton était monté d'un cran.

« Me B…! Taisez-vous! C’tu clair! Arrêtez! C’t’assez! Y a un arbitre ici, c’est moi! », avait-il lancé à tue-tête, selon le rapport du Conseil.
Des regrets insuffisants pour stopper l'enquête
Bien que le juge MacDonald ait retrouvé son calme environ 30 minutes plus tard et présenté ses excuses au plaignant, admettant avoir « perdu son sang-froid » face à un manque de « décorum » généralisé, le Conseil de la magistrature a jugé qu’une enquête formelle était nécessaire.
Pour le Conseil, le fait de crier ainsi « s'écarte de ce à quoi l'on s'attendrait » d'un magistrat. Le juge a réitéré ses regrets dans ses observations, qualifiant lui-même ses propos d'« inappropriés et maladroits ».
Cette affaire s'inscrit dans un contexte où la conduite des juges semble scrutée de près. Droit-inc rapportait récemment que d’autres enquêtes du Conseil de la magistrature sont en cours.
Le juge Eric Macdonald, qui a été admis au Barreau en 1989, détient une licence en droit de l’Université d’Ottawa. Il a débuté sa carrière au sein du Bureau d’aide juridique de Montréal et a occupé plusieurs fonctions au sein de la Cour pénale internationale. Il a été nommé juge à l’automne 2023.
Son audience devant le Conseil de la magistrature est prévue pour le 27 mai à un endroit qui reste à déterminer.
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Carlos Barra
il y a 15 heuresOpinion citoyenne
Intéressant, très intéressant.
Le Conseil de la magistrature enquête donc sur un juge qui a perdu son sang-froid ; il n’est certainement pas le seul à devoir se taire face à des avocats trop insistants qui imposent leurs arguments de défense. Des avocats qui veulent faire croire au tribunal qu’ils connaissent mieux le droit que le juge lui-même.
Cela donne probablement au juge des raisons d’agir de manière autoritaire, étant donné son pouvoir discrétionnaire. Les avocats devraient faire preuve de considération et de respect.
Il est plutôt rare qu’un juge perde son sang-froid ;
il faut atteindre un état d’exaspération pour cela ; il convient également d’examiner pourquoi l’avocat a été interpellé.