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Des détails de l’enquête policière sur le viol collectif allégué de 2018

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Radio -canada

2022-12-20 08:58:00

Nouveau rebondissement dans l’affaire du viol collectif allégué commis par des membres d’Équipe Canada junior 2018 dans une chambre d’hôtel…

Le logo de Hockey Canada sur le casque d'un joueur de hockey. Source: La Presse canadienne / Radio-Canada
Le logo de Hockey Canada sur le casque d'un joueur de hockey. Source: La Presse canadienne / Radio-Canada
De nouveaux documents de cour incluant des transcriptions d’interrogatoires et des demandes de mandats de perquisition révèlent pourquoi les enquêteurs affirment avoir des motifs raisonnables d'accuser cinq joueurs de hockey d'avoir agressé sexuellement une femme dans une chambre d'hôtel à London, en Ontario, en 2018.

Les détails ont été d’abord publiés dimanche dans le Globe and Mail, qui s’était adressé au tribunal pour les rendre publiques. CBC News a obtenu le même document de façon indépendante dimanche auprès de la Couronne.

Les noms des personnes impliquées, de même que certains actes sexuels, ont été caviardés du document de 94 pages.

Aucune des allégations n’a été débattue en cour et aucune accusation n’a encore été déposée.

Le dossier avait été fermé par le service de police de London en 2018, mais a été rouvert en 2022. Hockey Canada et la Ligue nationale de hockey enquêtent aussi sur l’incident.

La victime est identifiée dans le document comme E.M. On y raconte le déroulement de la matinée du 19 juin 2018 selon le point de vue d’E.M. et la honte et la culpabilité qu’elle a exprimées à sa mère, une amie et ensuite à un enquêteur de la police.

On y lit qu’un homme, présenté comme le Joueur no 1, aurait amené E.M. à sa chambre d’hôtel après l’avoir rencontré pour la première fois dans un bar. Il aurait ensuite envoyé des messages textes aux autres joueurs pour qu’ils viennent le rejoindre dans la chambre où aurait eu lieu l’agression présumée.

Il aurait aussi filmé deux vidéos d'E.M. dans la chambre d’hôtel en lui demandant si elle allait bien. Dans une vidéo, elle s’essuierait les yeux et mâcherait ses mots. E.M. aurait dit aux policiers qu’elle croit que la vidéo a été filmée à la fin de la soirée et qu’elle n’en avait aucun souvenir.

« Les deux vidéos faits par le Joueur no 1 auraient été créés, selon E.M. pour éviter qu’elle ne se rende à la police », écrit le sergent David Younan de la police de London qui a préparé la requête. « Le Joueur no 1 lui a même demandé si elle voulait aller voir les policiers… et lui a demandé d’arranger les choses avec la police. »

La mère d’E.M. aurait appelé le service de police de London après avoir trouvé sa fille pleurant dans la douche « assise, serrant ses genoux et se balançant d'avant en arrière », après son retour de l'hôtel.

Son mari aurait contacté Hockey Canada, selon le document de cour. Il aurait parlé avec quelqu’un de l’organisation (un nom qui a été supprimé du document) et aurait fourni une photo du Joueur no 1.

Le début de la soirée

Dans une rencontre de deux heures avec la police de London en 2018, E.M. explique qu’elle se serait rendue au Jack’s Bar à London avec un ami et qu’elle y aurait rencontré le Joueur no 1. Elle ignorait alors qu’il était un joueur de hockey et membre de l’équipe nationale junior. Elle ajoute qu’au départ, il ne lui aurait pas donné son vrai nom.

L’équipe était en ville pour un tournoi de golf de la fondation de Hockey Canada.

E.M. affirme avoir bu deux coolers avant d’arriver au bar et se rappelle avoir consommé huit shooters de Jagerbomb, une vodka soda et une bière. Elle dit qu’elle était ivre et qu’elle est tombée dans la salle de bain.

« E.M. a dit que chaque fois qu’elle devait aller à la salle de bain, quelqu’un l’escortait, ce qui, avec le recul, lui semblait étrange. Elle croit que le Joueur no 1 ne voulait pas la quitter des yeux. »

Lors de la rencontre avec les policiers, E.M. dit se souvenir de la présence d’un homme plus âgé qui payait des tournées au groupe et qui lui a versé un « Jagerbomb dans la bouche ». L’homme vantait le Joueur no 1 et lui aurait demandé de « prendre soin de lui ».

Dans la chambre d’hôtel

Il est écrit dans le document qu’E.M. et le Joueur no 1 sont retournés à la chambre d’hôtel et ont eu une relation sexuelle consentante, selon la déclaration de la victime aux policiers et celle du Joueur no 1. Mais quand E.M. est revenue de la salle de bain, elle affirme qu’il y avait sept ou huit hommes dans la pièce avec elle.

De son côté, le Joueur no 1 dit avoir texté ses coéquipiers pour qu’ils viennent le rejoindre et décrit E.M. comme aguicheuse.

E.M. raconte à la police qu’on lui a demandé de s’allonger au sol. Les actes sexuels ont été retirés du document, mais on peut y lire « que le groupe se serait approché d’elle et lui aurait giflé les fesses ». Elle aurait eu si mal qu’elle leur aurait demandé d’arrêter.

Les hommes auraient discuté de bâtons et de balles de golf qui se trouvaient dans la pièce, et E.M. affirme s’être opposé verbalement en disant « non ».

« Le groupe de jeunes hommes parlait d’elle et autour d’elle, mais pas avec elle. Le groupe disait des choses comme : Tu fais ça et tu fais ça », écrit le sergent Younan.

E.M. estime que le mot « objet » décrivait bien comment elle s’est sentie cette nuit-là.

Mandat pour accéder à l’hôtel

Le sergent Younan a également demandé à un juge de pouvoir accéder à la chambre de l’hôtel Delta où l’agression alléguée aurait eu lieu. Le sergent voulait visualiser la scène puisque la présumée victime affirmait que la sortie était bloquée par les hommes.

Les enquêteurs voulaient également avoir accès à trois clés USB qui, selon la police, contenaient des messages textes échangés entre les joueurs. Les appareils, selon les documents, ont été remis à la police par l'intermédiaire des avocats des quatre joueurs.

La dernière demande des policiers était de recevoir les « fruits de l'enquête indépendante » menée par le cabinet d'avocats torontois Henein Hutchinson LLP, au nom de son client, Hockey Canada.
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