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COVID-19 : demande d’action collective déposée contre les CHSLD publics

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Radio -canada

2023-09-19 12:00:00

Une demande d’action collective vient d’être déposée contre les CHSLD publics… Qui est l’avocat derrière?

Me Patrick Martin-Ménard. Source: Ménard, Martin, Avocats
Me Patrick Martin-Ménard. Source: Ménard, Martin, Avocats
Manque de préparation, décisions prises en catastrophe, improvisation : une demande d’action collective déposée devant la Cour supérieure du Québec allègue que les CHSLD publics de la province ont fait preuve de négligence lors des deux premières vagues de COVID-19.

Cette mauvaise gestion dans les CHSLD a causé des éclosions qui ont entraîné au moins 5000 décès entre le 13 mars 2020 et le 20 mars 2021, soutient la poursuite.

Cette demande d’action collective contre le gouvernement provincial est déposée au nom de tous les résidents des CHSLD qui ont connu des éclosions de COVID-19 au cours des deux premières vagues de la pandémie, et au nom des familles de ceux qui sont décédés.

Le principal plaignant dans cette affaire, Jean-Pierre Daubois, a perdu sa mère de 94 ans, résidente du CHSLD Sainte-Dorothée de Laval, en avril 2020. Lors de cette première vague, près de la moitié de ses résidents infectés par la COVID-19 en sont décédés.

« Le CHSLD Sainte-Dorothée a connu la pire éclosion au Québec, et l’une des pires sur la planète. À travers ce qu'on a appris dans ce dossier, on a constaté qu’il y avait eu plusieurs manquements au niveau de la préparation et de la gestion », a déclaré Me Patrick Martin-Ménard, l'avocat représentant M. Dubois.

Une réponse trop tardive

Lors des premières audiences tenues lundi au Palais de justice de Montréal, Me Martin-Ménard a expliqué que Québec s'était doté d'un plan de lutte à une pandémie en 2006. Or, le gouvernement a manqué de diligence envers les résidents des CHSLD publics en tardant à mettre en œuvre ce plan d’action, argue la poursuite.

Le plan québécois de réponse à la pandémie, a déclaré Me Martin-Ménard, demande au gouvernement d'émettre une alerte prépandémique aux établissements de santé lorsqu'il est confirmé qu'un nouveau virus se propage des animaux aux humains. Ce fait était connu dès le 6 janvier 2020 pour la COVID-19, mais la province n'a pas lancé d'alerte, a déploré l'avocat.

Le gouvernement n'a commencé à se préparer officiellement à l'arrivée de la pandémie qu'à la fin février, soit deux jours avant la détection des premiers cas dans la province.

Aucun plan spécifique n'a été communiqué au système de santé concernant la protection des centres de soins de longue durée avant la fin mars, a-t-il ajouté. Ce retard a fait manquer au Québec sa fenêtre de préparation, ce qui a entraîné des conséquences désastreuses.

Des décès qui auraient pu être évités

Au lieu de mettre le plan existant en place, a affirmé l’avocat, le gouvernement a improvisé, déplaçant les patients des hôpitaux vers des centres de soins de longue durée dans le but de libérer des lits d'hôpitaux.

Ces établissements n'étaient pas préparés à accueillir des patients supplémentaires et ne pouvaient pas prendre soin correctement des résidents après que le gouvernement a interdit les visites des soignants familiaux, a déclaré Me Martin-Ménard.

Dans un cas, a-t-il expliqué, une femme qui dépendait des visites de sa fille pour l'aider à manger est décédée peu de temps après l'interdiction de ces visites.

Le gouvernement a limité la capacité des patients de soins de longue durée à se rendre à l'hôpital s'ils étaient atteints de la COVID-19, mais la province ne s'est pas demandé si les centres de soins de longue durée avaient la capacité de traiter ces patients, a plaidé l'avocat.

L'avocat a déclaré que l'action collective pourrait inclure plus de 10 000 personnes. L'indemnisation demandée dépendra du nombre de membres identifiés, a-t-il déclaré, ajoutant qu'elle pourrait s'élever à des centaines de millions de dollars.

Les avocats du gouvernement du Québec ont refusé de commenter l'affaire, lundi. Les établissements de santé vont présenter leurs contre-arguments jeudi et vendredi, après quoi il appartiendra au juge de trancher si le recours collectif peut aller de l'avant ou non.
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