Question:

Bonjour Monsieur Arcand,

Je travaille pour le même cabinet depuis mon assermentation en 2008, mais suite à quelques changements survenus, l’ambiance ne me plaît plus. Un compétiteur direct de mon patron m’a fait une offre et je l’ai acceptée. Je me demande comment lui annoncer. Merci pour vos suggestions.

Réponse:

Cher lecteur,

Me Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Me Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Tout d’abord j’aimerais vous féliciter d’avoir eu le courage de faire bouger les choses en acceptant une offre hostile. Trop de gens demeurent dans une situation désavantageuse simplement parce qu’ils ont peur du changement.

Bien que l’herbe ne soit pas toujours plus verte chez le voisin, lorsqu’on est certain qu’elle est jaunie chez-soi, mieux vaut déménager.

Ceci étant dit, comment l’apprendre à votre boss ? Il n’y a pas vraiment de bonne façon d’annoncer une mauvaise nouvelle. On peut y aller en douceur ou de façon directe, mais ça ne fera pas plaisir peu importe la délicatesse employée.

J’aurais tendance à y aller droit au but et sans détour parce c’est de cette façon que j’aimerais qu’on me l’annonce, mais ça ne veux pas dire que mettre des gants blancs n’est pas souhaitable.

Comme je vous le dis, il n’y a pas de bonne façon, cependant il y en a des mauvaises.

Mauvaises façons

Quelques fois afin de faire passer la pilule, les gens vont embellir la réalité ou carrément inventer des faits. Un pieux mensonge comme certains disent. Même si c’est de bonne foi ou pour une bonne cause, évitez de mentir à votre employeur. Il finira probablement par le savoir et vous ne savez pas quand vous pourriez avoir besoin de lui comme référence. Allez-y doucement ou directement, mais allez-y avec la vérité.

Faire une annonce à distance est également à proscrire. Pas de courriel, pas de téléphone ni de lettre de démission: prenez votre courage à deux mains et convoquez une rencontre. Dites-lui face à face et de préférence en fin de journée. Pourquoi en fin de journée? Parce qu’il y a moins de monde au bureau au cas où il pourrait s’emporter, mais aussi parce que ça évite le risque de gâcher sa journée ou la vôtre.

N’attendez pas non plus à la dernière minute. Annoncez la nouvelle dès que la décision est prise même si le délai est plus long que les deux semaines de préavis. De cette façon, il aura un peu plus de temps pour se retourner et pallier à votre absence future.

Au pire, il vous dira que vous pouvez quitter immédiatement et dans cette situation vous aurez deux semaines payées et des vacances afin de faire le plein avant le début de votre nouvel emploi.

Finalement, il faut s’en tenir à la vérité mais toute vérité n’est pas bonne à dire. La rencontre durant laquelle vous annoncez votre départ n’est pas une occasion de régler des comptes.

Parlez au «je» lorsque vous expliquerez votre décision: Je suis rendu là, je voulais un nouveau défi, je ne me voyais plus à long terme ici, etc… Même si c’est vrai, évitez les «tu m’avais dit que», «tu as fait ça», «tu n’as pas fait ça», il est trop tard de toute façon pour régler les problèmes.

Préparez-vous à l’avance et tenez-vous en à ce que vous avez planifié surtout si votre employeur a tendance à s’emporter. Gardez votre calme en tout temps.

Si certains d’entre vous voient dans ce scénario une certaine ressemblance avec la résolution de problèmes de couple, vous n’avez pas tort.

Les bases de la communication sont toujours les mêmes, en couple ou avec son boss. Ici, je me retiens de faire un commentaire facile...

Voilà, j’espère que mes conseils vous aideront à faire en sorte que tout ce passe le mieux possible et je vous souhaite bonne chance dans votre nouvel emploi.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Me Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.


Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.