Me Maryse Décarie-Daigneault de la Cour d'appel du Québec discute avec l'étudiante Geneviève Lucas
Me Maryse Décarie-Daigneault de la Cour d'appel du Québec discute avec l'étudiante Geneviève Lucas
Une dizaine d’étudiants s’agglutinent devant le kiosque de la Cour d’appel du Québec et celui du ministère fédéral de la Justice, tandis que les cabinets occupant les kiosques voisins sont presque vides.

Même constat devant le Centre communautaire juridique de Montréal, où le « roulement » d’étudiants ne dérougit pas. « Beaucoup de personnes dans ma cohorte sont attirées par le droit social ou encore, comme moi, par le droit criminel. Mais, bien sûr, il y en aussi qui sont très motivés par la course aux stages, ce n’est juste pas mon cas », affirme Geneviève Lucas, étudiante en troisième année au baccalauréat de droit.

Les uqamiens n’ont pas un domaine de droit de prédilection, confirme Me Émilie Giroux-Gareau, directrice du Centre de développement professionnel. « Pour mon équipe, c’est un défi, car nous tentons d’organiser des activités très diversifiées, tant avec les grands cabinets que les milieux de droit moins conventionnels ou encore ceux liés à la fonction publique. » La course aux stages demeure un évènement important pour bon nombre d’étudiants, assure-t-elle.

Savoir se distinguer avec un CV

Roméo Aguilar, étudiant à Fasken Martineau s'adresse à l'uqamien Jonathan Raizenne
Roméo Aguilar, étudiant à Fasken Martineau s'adresse à l'uqamien Jonathan Raizenne
Jonathan Raizenne, lui, entend soumettre sa candidature auprès de plusieurs firmes signataires de l’entente de recrutement. L’étudiant de deuxième année tente de se préparer au mieux pour cette étape cruciale de sa future carrière. « Je suis content d’avoir participé aux cliniques de révision des curriculum vitae, ça m’a permis de vraiment comprendre quels sont les critères à remplir absolument », raconte-t-il.

Si de tels ateliers peuvent sembler anodins, ils pourront faire toute la différence au moment de la sélection, croit Roméo Aguilar. Cet étudiant à la maîtrise a été sélectionné l’an dernier par la firme Fasken Martineau. « Il faut se rappeler que certains cabinets reçoivent des centaines d’applications, il faut ajouter des petits détails dans le cv et la lettre de présentation pour se démarquer et au moins passer à la prochaine étape », avance-t-il.

Un curriculum vitae riche n’est pas qu’important pour la course aux stages, mais est aussi nécessaire pour appliquer auprès des instances gouvernementales, fait valoir Me Mélanie Bélec, avocate au ministère de la Justice du Canada. « Mieux vaut trop de détails que pas assez! » lance-t-elle.

Si le cv réussit à retenir l’attention des recruteurs, l’entrevue est la prochaine étape. La majorité des cabinets participant à la course aux stages organisent deux vagues d’entretien. Certains, comme la firme Osler, misent sur une seule entrevue et des sorties avec avocats et associés. « C’est important de vraiment savoir pourquoi on applique à ce cabinet, quelles sont ses particularités. Il faut savoir l’expliquer et le justifier», estime Me Annie Mathieu, de BCF.

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Me Patrick Prévost de Norton Rose


Moins d’activités sociales sur le campus de l’UQAM ?

Me Jessica Harding de la firme Osler
Me Jessica Harding de la firme Osler
« Ce n’est peut-être qu’une impression, mais je crois qu’il y a un peu moins d’activités sociales cabinets-élèves à l’UQAM que dans les autres facultés de droit », dit Me Nicolas Cayouette, de la firme Gowlings. Cet ancien diplômé de l’établissement estime qu’il est dans l’intérêt des étudiants d’avoir le plus d’occasions d’entrer en contact avec des avocats. « Il n’y a rien de mieux que des discussions informelles pour vraiment saisir le potentiel des futurs juristes », observe son collègue Me Jean-Sébastien Clément, associé à Gowlings.

« Depuis plusieurs années, nous multiplions les tables rondes, les 5 à 7, nous sommes conscients que beaucoup d’étudiants apprécient ce contact privilégié avec des juristes, tant des grands cabinets que d’ailleurs », stipule Me Émilie Giroux-Gareau, responsable de la coordination de ces activités.

Les évènements informels permettent une bonne préparation à la course aux stages, aux cocktails et autres évènements de sélection incontournables, estime Me Jessica Harding, avocate chez Osler. « S’il y en a sur votre campus, participez ! C’est là qu’on peut se tester, voir comment on interagit avec des professionnels, et au besoin, on peut améliorer notre approche », suggère-t-elle.

Un dernier conseil : « ne vous angoissez pas trop, poursuit la jeune avocate, la course aux stages est un moment intense, mais très riche, qui permet de se découvrir un peu plus tout en se faisant des contacts stratégiques dans le milieu.»